Alexandre Goulet
Entrevues

Alexandre Goulet – Entre l’ombre et la lumière

Alexandre Goulet travaille avec une foule de bands locaux et internationaux de la scène punk rock, métal et hardcore depuis des années en tant que designer graphique. Son style cru et authentique, qui s’inspire des pochoirs des débuts de la scène punk avec une approche moderne, l’a positionné comme une véritable référence dans la scène alternative et lui a permis, par le fait même, de collaborer avec une pléthore de groupes, dont Fallujah, Despised Icon, Ion Dissonance, All Out War, Dopethrone, Dirt Cannon, Get The Shot et plusieurs autres. Je me suis récemment entretenu avec lui pour parler de son parcours, de ses projets actuels et de l’importance de l’aspect visuel en musique.

Au départ, qu’est-ce qui t’a intéressé de la scène punk rock, métal et hardcore?

Lorsque j’étais jeune, ma petite ville (je viens de Rimouski) avait une scène métal très active. Ça m’a amené à baigner dedans dès mon plus jeune âge. J’ai des photos de moi chez ma gardienne avec des gilets d’Anthrax sur le dos appartenant à ses enfants qui étaient ados à l’époque. Sûrement que ledit gilet doit valoir une fortune sur eBay présentement! De fil en aiguille, j’ai fait partie de plusieurs groupes métal ou hardcore (dont Apes actuellement). On peut dire qu’il s’agit d’un fit naturel.

En général, comment se déroule la réalisation de l’artwork ou d’une affiche? Est-ce que le groupe te suggère des idées et tu crées à partir des idées partagées ou tu as souvent carte blanche?

Avec le temps, les groupes me laissent la plupart du temps carte blanche. Je demande toutefois quelques exemples de choses qu’ils trouvent intéressants et je m’inspire de tout ça. À titre d’exemple, pour le dernier album de Get The Shot, les gars me parlaient d’album classique de Dio, mais à la sauce Les Goules. Deux jours plus tard, le visuel était dans la poche.

Get The Shot - Infinite Punishment

Peux-tu donner quelques informations sur les projets sur lesquels tu travailles à l’heure actuelle?

Malheureusement, pas vraiment, je dois garder quelques petits secrets. Ce que je peux dire, c’est que je travaille actuellement avec un groupe légendaire de la scène hardcore américaine sur leur prochain album complet et que le visuel est l’un des plus agressifs que j’ai eu la chance de faire. Je travaille également avec deux groupes vétérans de la scène death metal (deux nouveaux albums en vue). À ça, tu peux ajouter une dizaine d’autres plus petits projets avec des groupes locaux et internationaux, principalement pour des albums, des affiches de films et quelques packagings de produits. Mon automne est bien rempli!

À ce jour, quels sont tes projets qui ont le plus d’influence sur la façon dont tu travailles en tant que designer graphique?

Je dois dire que Dopethrone a souvent été une plaque tournante pour mon travail. J’ai développé une belle relation de confiance avec les gars et ils me laissent diriger la facture visuelle du groupe comme je le souhaite et je leur en remercie. Lorsque Hochelaga est sorti il y a quelques années, ça a été une plaque tournante dans ma carrière de graphiste, puisque cela m’a donné une belle visibilité et m’a permis de faire connaître mon travail. Par la suite, leur dernier album, Transcanadian Anger, m’a permis d’offrir une nouvelle facture visuelle en me détachant complètement de ce que je faisais avant. Un bon designer se doit de se réinventer et de ne pas stagner dans un univers donné.

Selon toi, est-ce que l’importance d’un visuel original et unique pour un groupe a changé au fil des ans avec la crise du disque et la consommation prépondérante de musique en ligne sur des plateformes comme Spotify?

Je crois que cela est plus important que jamais. Le consommateur recherche un beau produit intéressant autant visuellement qu’auditivement. Proposer un visuel dans un packaging qui se démarque devient hyper important. Il faut savoir se démarquer puisque l’industrie de la musique change rapidement. Il faut rester à jour! Mais je remercie le grand retour des vinyles pour nous permettre de faire de grands et beaux visuels!

D’un point de vue personnel, est-ce que tu crois que des médias comme Instagram ou Facebook te permettent de partager plus facilement tes créations qu’à une certaine époque et d’attirer de nouveaux clients?

Définitivement! La plupart de mes projets viennent désormais de l’international. Cette année, j’ai fait des projets pour des groupes d’Islande, de Norvège, des États-Unis, de France, d’Angleterre et j’en passe. Sans les médias sociaux, cette clientèle serait beaucoup plus difficile à rejoindre. Maintenant, d’un seul clic, il est possible de faire affaire avec des gens de tous les coins du monde. C’est vraiment un game changer. Il y a quelques années, je devais être beaucoup plus proactif pour mettre mon travail en valeur; je devais souvent courir les spectacles avec un cartable contenant des exemples de mon travail pour me bâtir une clientèle – chose vécue!

Si je te donnais le choix de faire la facture visuelle d’un seul groupe, tu choisirais qui et pourquoi?

J’aimerais beaucoup travailler avec des groupes comme Dying Fetus, Hatebreed, Deftones, Poison the Well… Des groupes qui ont marqué mon enfance. Ou pourquoi pas Wu-Tang Clan ou d’autres artistes de la scène rap. J’aimerais beaucoup mettre mon style créatif au service d’autres genres musicaux que seulement le métal. Donc, je dirais que si j’avais seulement un groupe avec lequel travailler, il s’agirait d’Explosions in the Sky. Un groupe fantastique avec un univers musical et visuel bien à lui – si quelqu’un a des contacts, un email serait apprécié! [haha]

Pour voir le travail d’Alexandre Goulet, c’est ici!

EN SPECTACLE:

6 septembre – Get The Shot @ Salle Multi, Québec · Billets
8 septembre – Apes et Dopethrone @ L’Anti Bar & Spectacles, Québec · Billets
27 novembre – Get The Shot @ Club Soda, Montréal · Billets
16 décembre – Apes @ La Source de la Martinière, Québec · Billets

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