Barrasso
Entrevues

Barrasso – Ne pas se prendre au sérieux

Barrasso avait fait beaucoup de bruit lors de la parution de son premier album, Des X, des croix, des pointillés, en 2015. La formation composée d’Étienne Beaupré, Thierry Bourgault-D’Amico, Francis Paquette, Louis-Simon Bastien et Jonathan Beauregard débarquait alors dans le monde du punk rock québécois avec un son éclectique et abrasif, mené de front par des riffs de guitares frénétiques et des textes mordants. Trois ans plus tard, Barrasso — plus mature musicalement et en pleine possession de ses moyens — s’apprête à sortir son deuxième album, Colada, au courant de l’été. Entrevue avec le chanteur du groupe, Jonathan Beauregard.

Selon ce qui circule sur votre page Facebook depuis les derniers mois, vous travaillez actuellement sur l’enregistrement d’un nouvel album. À quoi peut-on s’attendre pour cet opus?

La suite logique du premier album, c’est-à-dire qu’avec les années, la cohésion de groupe sur le plan de la composition s’est installée davantage. On peut donc dire que ça reste sensiblement dans la même lignée que notre premier, mais version améliorée dans toutes les cases. Mettons qu’on n’est pas trop le genre de band qui a un grand besoin d’explorer de nouveaux sons nécessairement ou d’aller dans une direction nouvelle pour combler une certaine démarche artistique. Ça reste entièrement down strokes, notre marque de commerce. Cela dit, il y a quand même du nouveau et de belles surprises sur cet album-là!

Le cycle Des X, des croix, des pointillés tire logiquement à sa fin pour laisser place aux nouvelles compositions. Quelle marque cet album laisse-t-il sur votre parcours de groupe?

En regardant derrière, je dirais que Des X nous a permis de faire une cinquantaine de spectacles, la plupart étant vraiment l’fun. C’est un peu la raison d’être de ce groupe-là dans le fond: faire des spectacles et faire la fête entre amis sans trop se prendre au sérieux. Là-dessus, je pense qu’on peut dire mission accomplie. Que ce soit l’enregistrement de l’album, en passant par les spectacles ou même les jams, ça nous a permis aussi de reconnaître plus précisément ce qu’on aime, ce qu’on a envie de faire et, surtout, ce qu’on ne veut pas (re)faire dans le futur.

Le titre du premier album, qui faisait référence aux paroles de la chanson Fil de fer, représentait les marques et les cicatrices du passé (pour citer votre bassiste, Louis-Simon Bastien). Est-ce qu’il y a une thématique prédominante ou un fil conducteur pour ce nouvel album?

Pas du tout. La façon dont on compose n’est pas vraiment propice à ça. Je dirais même que je tente de varier les sujets le plus possible quand j’écris les paroles. Faut savoir aussi que, très rarement, on s’assoit pour jaser de la direction qu’on aimerait prendre avec une chanson, ou album dans ce cas-ci. On discute à peine de nos tounes quand on pratique! Ce n’est pas qu’on s’en fout, mais disons qu’on est des amateurs qui se réunissent pour boire une bière ou deux et jouer du punk rock ben fort.

En compagnie de groupes comme The Sainte Catherines, The Queers, Lost Love et plusieurs autres, vous serez à Jonquière au mois de septembre pour la 2e édition du Délüge. Est-ce que la sortie du nouvel album sera accompagnée d’une tournée à travers le Québec et le Canada?

En effet, on sera au Délüge en septembre et on a hâte de voir ça! On devrait annoncer d’autres spectacles sous peu, dont notre lancement d’album et le Beau’s Oktoberfest par exemple. Bref, plusieurs spectacles et festivals cet automne, et probablement un gros printemps-été 2019.

On prédit la mort du rock depuis longtemps déjà. Selon vous, quels sont les éléments qui font en sorte que le rock doit encore avoir sa place sur l’échiquier musical?

Je vois ça comme un ingrédient parmi tant d’autres pour une belle grosse pizza musicale. En fait, c’est peut-être même un ingrédient de base, comme la pâte ou le cheese. À voir comment les festivals rock partout dans le monde connaissent du succès, je ne suis pas trop inquiet.

Au Québec, le folk est très prisé et le rap est devenu le genre musical préféré des jeunes. Est-ce que le rock québécois souffre d’un manque de visibilité de la part des médias et du grand public en général?

Je ne pense vraiment pas. On a eu une bonne visibilité avec le premier album pour un petit band punk rock. On n’est pas en compétition avec personne et je dirais même que tant mieux si ça devient un peu plus underground. J’aime bien mieux une petite salle remplie d’amis qui connaissent les tounes, qu’un gros spectacle beige au DIX30 devant une foule assise.

Dans les dernières années, vous avez participé à plusieurs festivals: Pouzza Fest, Heavy Montréal, ’77 Montréal et Montebello Rockfest. Quelles sont vos rencontres les plus mémorables?

On pourrait faire du name dropping en masse, mais honnêtement rien de mémorable. C’est certain que faire des high fives à des groupes qu’on aime ou que nous avons écoutés plus jeunes, c’est cool, sauf qu’on est des vieux loups un peu sauvages, nous, et par conséquent, on ne se mêle pas tant aux autres. En général, les soirées mémorables sont entre nous autres ou avec d’autres groupes québécois.

EN CONCERT

15 septembre @ Le Délüge, Jonquière · Billets

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