Canailles
Entrevue

Canailles – Backflips en 5 temps

Le groupe Canailles marquera notre printemps musical d’une nouvelle collection de chansons réunies sur leur troisième opus, Backflips. À quelques jours du lancement officiel, on a jasé avec le mandoliniste et chanteur Erik Evans, histoire de lever le voile sur les différentes étapes de construction de l’album.

Étape 1: La composition des chansons

Sur chacun de vos albums, les chansons sont signées «Canailles», sans distinction d’auteur ou de compositeur. Comment est-ce que ça se compose, des chansons, à 16 mains?

Essentiellement, on est trois têtes qui composent les paroles. Daphné, Alice et moi. Généralement j’amène mon propre stock, Alice aussi. Daphné est plus du genre à amener un riff et des idées, puis on travaille les paroles ensemble. Ensuite, tout le monde met son input. On signe les tounes «Canailles» parce que tout le monde met la main à la pâte. Sinon, il n’y pas vraiment de distribution, pour décider qui chante quoi. Sur cet album-ci, j’ai un duo avec Daphné puisque c’était un rêve qu’on avait depuis longtemps. Autrement, on essaie de laisser plus de place à Daphné parce que c’est elle la voix du projet.

Étape 2: Mettre la musique à l’épreuve de la scène

On vous entend souvent, en spectacle, faire des nouvelles pièces, fraîchement composées. Sur la tournée du disques précédent, on a d’ailleurs pu en entendre quelques-unes. Qu’est-ce que ça apporte à vos chansons, de passer par la scène avant d’être enregistrées en studio?

Je dirais qu’elles ont pris de la confiance et de la maturité. On va peut-être aussi changer la vitesse des chansons pour s’adapter au feedback du public. Par exemple, «Chu brûlé», c’est le genre de toune que le public connaît pas du tout, mais qui lève toujours en spectacle. Il faut dire qu’on a toujours fait ça. Quand on a fait la finale des Francouvertes (2011), on a fait deux nouvelles tounes qu’on avait jamais essayées en show. C’était niaiseux comme move, mais la plupart des chansons, on les a cassées dans des gros événements.

Étape 3: Le studio

Backflips a été enregistré cet hiver, au studio Breakglass, sous la supervision du réalisateur Tonio Morin-Vargas. Comment s’est passé l’enregistrement?

Tonio a vraiment fait une bonne job de réalisation. Il était baveux un peu. On est tous des têtes fortes dans ce band-là et on veut pas se faire diriger d’aucune façon, autant du point de vue de la mise en scène, que pour les clips, pour tout! Tonio a réussi à trouver la faille et à nous convaincre qu’il ne disait pas n’importe quoi. On enregistrait tout en même temps, ensemble. Pas d’overdub, pas d’écouteur, pas de clic. Ça veut dire que s’il faut qu’on fasse une chanson 45 fois, on va la faire 45 fois. Ça a été le cas pour «Genoux», une pièce qui implique beaucoup de voix et beaucoup d’instrumentation. Je pense qu’on l’a fait au moins 60 fois!

L’enregistrement de l’album était-il plus facile, étant donné que c’était la 3e fois?

Pour Rond-Point (le 2e album), certaines chansons ont été finies en studio. On écrivait le texte sur le bord de la table avant de le chanter. Cette fois-ci, on était plus prêts. Ça faisait plus longtemps qu’on avait les tounes, qu’on les avait jammé adéquatement. Je pense que l’expérience était vraiment plus cool.

Étape 4: Tournage du vidéoclip

L’un des premiers extraits de l’album, «Rendez-vous Galant», a fait l’objet d’un très beau (et loufoque) vidéoclip. Pour la réalisation, vous avez fait appel aux Blood Brothers, des artistes qui se spécialisent dans la pyrotechnie et les effets spéciaux. Comment est apparue l’idée de cette joyeuse fusillade de chien?

Les Blood Brothers sont des amis depuis un bout. Daphné est arrivée avec l’idée de travailler avec eux, puis on a décidé de les rencontrer et d’aller juste jaser du clip. On s’est fait un meeting sur une terrasse avec beaucoup trop de sangria, pour finalement développer l’idée de personnes âgées qui s’évadent d’un centre pour retraités et qui décident de péter des boîtes à malle et de foutre le bordel dans une ville. Tant qu’à travailler avec les Blood, ça nous prenait du sang et des explosions, mais dans le contexte actuel, y a quelque chose qui ne fonctionnait pas avec l’abondance de violence gratuite. Pour dédramatiser tout ça, j’ai amené l’idée qu’en fait, tout ça soit un rêve de chat. Au lieu d’être des humains, c’est des gens déguisés en chien avec du sang coloré.

Le tournage a-t-il été aussi mémorable que le brainstorm?

On a tourné sur trois jours en novembre. Ça paraît pas dans le clip, mais il faisait frette! À un moment, je suis couché à terre, mort avec une flaque et du feu. Le char passe avec une vieille entrain de tirer de la mitraillette, on a des bouchons dans les oreilles et on a vraiment l’impression d’être dans une genre de guerre civile. C’était une très belle expérience! (rires)

Étape 5: Le lancement

Vous préparez trois soirées consécutives entourant le lancement de Backflips. Est-ce que vous vous préparez différemment? Êtes-vous le genre de groupe qui répète beaucoup avant de lancer un spectacle?

J’pense que oui. Dans les prochains jours, on va avoir une répétition pour revisiter l’album pour le lancement. Sinon, le reste de l’année on ne répète pas vraiment, puisque souvent, on est en spectacle; la dernière chose qu’on veut faire c’est se revoir et jouer les tounes, parce que c’est ce qu’on fait à l’année longue. Avant d’enregistrer l’album on répétait tout le temps, mais pour le show, on les a tellement joué en studio, qu’on va juste les retravailler et ça va être ça.


EN SPECTACLE


28 avril @ Le Cercle, Québec · Billets
29 avril @ La Taverne, Saint-Casimir · Billets
6 mai @ Trou du Diable, Shawinigan · Billets
20 mai @ Le Sous-Bois, Chicoutimi · Billets

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