Entrevues, Portrait

Capitaine Révolte : 20 ans de punk à célébrer!

Fondé en 1999 à Saint-Jean-sur-Richelieu sur la Rive-Sud de Montréal, le groupe de punk-folk Capitaine Révolte célèbre cette année son 20e anniversaire d’existence. Depuis leur victoire à Cégep Rock en 2000, ils ont enregistré trois albums et fait le tour de la province aux côtés de leurs amis GrimSkunk, Exterio et WD-40, pour ne nommer que ceux-ci.

Avec leurs textes engagés, leurs mélodies électrisantes et leur énergie contagieuse, ils ont su se tailler une place dans le milieu punk québécois. Entretien avec le chanteur et guitariste Frédéric Gagné, alors que débute leur tournée 20e anniversaire.

2019 marque votre 20e anniversaire d’existence. De quoi êtes-vous le plus fier quand vous regardez votre parcours?

Honnêtement, ce sont les chansons et leur composition. Qu’on puisse aujourd’hui encore les jouer et que le public continue de les aimer! Aussi, on est tous des amis d’enfance et c’est une grande fierté de poursuivre notre travail ensemble après toutes ces années.

En 2002, votre vidéoclip J’ai oublié roulait en boucle à Musique Plus. Signe que les temps changent, on a appris récemment que la chaîne télé allait fermer ses portes. Quels souvenirs gardez-vous de cette époque?

Dans le temps, il n’y avait pas vraiment d’Internet. On écoutait tous de la musique, mais c’est vraiment grâce à Musique Plus qu’on a été capable de mettre des faces et des vibes sur des bands qu’on écoutait.  Je me souviens entre autres de SolidRok… C’était vraiment le début des bons vidéoclips. On a été chanceux de rouler sur les ondes de cette chaîne et de connaître ses belles années!

Vous avez pris une pause en 2005, pour revenir en force en 2015. Qu’est-ce qui vous a poussé à reprendre l’aventure?

Je n’ai toujours pas réussi à mettre le doigt sur ce qui fait qu’on a dû prendre une pause, mais disons qu’il était assez clair qu’il fallait qu’on se sépare. Durant ces années de séparation, on a tous eu d’autres projets et, dans ces nouvelles aventures, on devait recommencer en bas de l’échelle. Ce n’est pas parce que tu as déjà joué dans tel band que ça va mieux se passer pour ton plus récent projet…

Pendant plusieurs années, Alex Martel du Rockfest nous a demandé de «revenir» ensemble le temps d’un spectacle durant le festival. Moi, je pensais que Capitaine s’était fini. Ce sont  finalement les anciens membres du band qui m’ont appelé et dit :  «Come on Fred, viens-t’en juste pour le fun! Fais-le pour nous autres. Pour se revoir.» Je trouvais que c’était des bonnes raisons. J’ai vu ça comme si on allait faire un jam devant des milliers de personnes! On a donc joué en 2013 et ça été tellement le fun qu’on a décidé de continuer un peu, pour le fun. En 2015, on a répété l’expérience du Rockfest et là, après cette fois-là, on a décidé de recommencer à jouer pour vrai.. Au final, peu importe ce qui s’est passé, nos chansons sont restées et tout le travail qu’on a accompli pour se rendre là où on s’est rendu n’a pas été perdu!

Qu’est-ce que cette pause a changé au sein du groupe?

Souvent, quand on est plus jeune, on se casse la tête à tirer la couverte de notre côté pour défendre nos intérêts personnels. Y’a un de mes amis qui m’a déjà dit : « Faut pas que tu sois au service de ton talent, il faut que tu sois au service de la chanson. C’est elle qui décide.» Depuis notre retour, on a plus le droit de se chicaner. Et on ne l’a d’ailleurs jamais fait depuis qu’on est revenu ensemble! On était encore des enfants à l’époque, maintenant on est des adultes et on sait qu’on fait ça pour le fun et non pour gagner notre vie. Ça a changé notre façon de voir le band, c’est certain.

Après 20 années à collaborer ensemble, comment fait-on pour se renouveler?

Une chose est certaine, quand on se renouvelle il faut toujours être fidèle à ce qu’on aime et à ce qu’on n’aime pas, sans refaire les mêmes pirouettes. Il ne faut pas avoir peur d’essayer quelque chose de différent. Justement pour tenter de nouvelles affaires, il faut prendre le temps de s’isoler. Certains croient que c’est une perte de temps, mais au contraire; c’est du temps précieux qui nous permet de nous mettre en danger et sortir de notre zone de confort. Ça nous permet de faire des choses qu’on a jamais faites, parce qu’on n’avait jamais pris le temps de les faire avant.

Comment se déroule la création avec des amis de longue date?

C’est définitivement plus facile. Jouer avec un nouveau musicien, ça peut amener des surprises, parce que tu ne sais pas trop comment il va réagir à tes propositions. Ça amène une période de découverte, mais souvent ça ne mène à rien. Quand tu joues avec de bons musiciens et que tu les connais bien, tu ne te poses plus de questions. D’après moi, quand tu connais tes bros, tu peux aller plus loin dans la création, même si il n’y a pas l’effet de nouveauté qu’apporte une nouvelle rencontre musicale. Jouer avec des vieux amis, c’est plus qu’une question de confiance, c’est de la chimie.

Vous avez repris la célèbre chanson Emmenez-moi de Charles Azanavour sur la compilation ZOO 3 de Slam Disques parue à la fin de 2018. Qu’est-ce que ce genre de projet spécial vous apporte?

Faire une reprise, c’est une façon assez simple de nous sortir de nos compositions. C’est un hommage à un artiste! Quand Slam Disques nous a proposé de participer à cette compilation-là, c’était évident qu’on voulait le faire! Les consignes étaient simples : tu dois reprendre une pièce d’un autre groupe, c’est en français que ça se passe et tu la trash comme tu veux. L’invitation est arrivée au moment où Charles Azanavour venait de mourir. Il y avait plusieurs hommages à la radio et j’ai entendu Emmenez-moi, que je n’avais pas entendu depuis longtemps. Et oh my God! Fallait qu’on l’essaye.

À mon avis, il faut faire des hommages aux artistes qu’on aime. Tu peux transformer leur chanson, mais il faut respecter et garder l’âme de leur oeuvre. J’aime quand les bands modifient le contenant d’une chanson en gardant le contenu, plutôt que de se contenter d’imiter l’original.

Vous venez tout juste de mettre en ligne un nouveau vidéoclip pour la pièce Grugiolle, où on vous retrouve dans une mise en scène minimaliste et moderne. On s’assagit avec l’âge ou on s’actualise tout simplement?

Je suis allé voir le groupe Fugazi en show deux ou trois fois et ils sont vraiment minimalistes dans leur approche. Ils n’ont que deux spots de construction blancs sur la scène, ils n’utilisent pas de fumée, pas rien. Ils sont anti-pubs et ne vendent pas de merch. C’est simplicité-là emmène, à mon avis, une force tranquille qui est très respectable. Notre nouveau clip, ça me fait penser un peu à du Fugazi justement. C’est juste en noir et blanc, il n’y a pas d’histoire et c’est fait avec les moyens du bord. Si t’es capable de te débrouiller avec ce que tu as, je trouve ça parfait. Pourquoi est-ce qu’on aurait besoin d’aller plus loin que ça? C’est sûr qu’on est plus sage aujourd’hui, mais je pense qu’on a aussi gagné en professionnalisme, avec l’aide de Slam Disques.

Le 23 mars prochain, vous serez à l’ANTI pour célébrer votre 20e anniversaire. Vous partagerez entre autres la scène avec le groupe de punk celtique Irish Moutarde. Le public peut-il s’attendre à quelques surprises?

On va leur proposer une petite pièce de théâtre! Le show de Capitaine s’est transformé en croisière en voilier! On part du cours d’eau le plus proche, et on emmène le public jusqu’en Espagne, en passant par la Gaspésie et en empruntant l’Atlantique. Pendant le trajet, il y a de la houle, des tempêtes… et plein d’autres surprises! Évidemment, on va ramener le public au point de départ à la fin de notre show, pour poursuivre la soirée avec Irish Moutarde.

Capitaine Révolte profitera de 2019 pour tourner un peu partout en province. Les membres se retireront aussi à l’occasion dans une place secrète pour travailler sur un prochain album. Pour célébrer le 20e anniversaire du groupe, rejoignez-les à L’ANTI le 23 mars prochain!

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