Caravane
Entrevues

Caravane – Le rock est mort, vive le rock!

Peu de temps avant l’heure prévue pour notre rencontre, je reçois un message texte de Dominic Pelletier, chanteur du groupe: «Pourrais-tu arrêter chez Lepointdevente.com en chemin pour nous ramener des billets pour la Caravane des Fêtes s’il-te-plaît?». Quelques minutes de marche dans un froid glacial plus tard, je les rejoins lui et Raphaël Potvin, bassiste du quatuor, dans la plus vieille taverne de la ville. On s’échange de brèves salutations et je remets les billets à Dominic qui, d’un ton légèrement moqueur, s’explique aussitôt : «T’sais les billets sont en vente en ligne mais des fois, quand nos amis ont les billets en main, on est pas mal plus certain de les voir au concert que si l’on se fie à un oui oui, j’vais acheter ça en ligne cette semaine.» Après plus de dix ans à donner des concerts un peu partout, les gars en ont vu d’autres et il est hors de question d’essayer de leur en passer une petite vite.

Maintenant bien installés à table, Raphaël et Dominic ne sont pas à court de mots pour nous raconter l’histoire de Caravane, ce groupe de rock francophone étrangement issu de la scène punk underground.

Pour les gens qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous nous raconter quand et comment est né Caravane?

En fait, on jouait déjà tous de la musique ensemble depuis 2005 avec The Hunters. On était très actifs dans la scène punk et ça marchait plutôt bien. On a joué partout au Québec, en Europe et aux États-Unis, mais on était pris dans un espèce de créneau qui nous donnait l’impression de ne plus pouvoir se renouveler. Dominic avait quelques nouvelles compositions que l’on n’osait pas vraiment jouer avec The Hunters parce que le son ne cadrait pas avec ce que l’on était habitué d’entendre dans la scène punk. On a quand même continué à travailler là-dessus et en 2013 on s’est dit que l’on en ferait un nouveau projet. Aussi, tant qu’à faire de la musique différente de ce qu’on faisait avec The Hunters, on a choisi d’écrire les paroles en français. Écrire dans notre langue maternelle était une idée qui nous travaillait depuis longtemps déjà. On s’est dit que c’était là l’occasion idéale pour le faire. Un an plus tard, on sortait notre premier album.

Justement, ce premier album intitulé Chien Noir n’est pas passé inaperçu. Il vous a d’ailleurs valu des nominations au Gala de l’ADISQ dans la catégorie «Album rock de l’année» et aux Sirius XM Indies Music Awards pour «Emerging Artist Of The Year (French)». Étiez-vous surpris ou est-ce que vous vous y attendiez?

On était vraiment surpris! Même qu’on a été surpris avant d’avoir ces nominations. L’album était à peine sorti que déjà on avait des chansons en rotation régulière sur les grandes radios, des articles dans une panoplie de journaux et honnêtement on n’était pas du tout habitué à ça. Avant, avec The Hunters, on rêvait gros mais nous n’avions pas vraiment l’attention du public en dehors de nos spectacles. Là, de faire parler de nous comme ça, ça nous a fait réaliser que ce qu’on appelait nos rêves de ti-cul étaient en fait des ambitions réalistes. Ensuite, on a appris pour les nominations et nous étions vraiment sur un nuage. T’sais, ça faisait à peine plus d’un an que le projet était lancé. On se disait ok, là on a changé de ligue!

On se transporte ensuite en 2016, année de parution de votre deuxième album, Fuego, enregistré par Guillaume Chartrain au studio Dandurand et réalisé par Guillaume Beauregard des Vulgaires Machins. Comment en êtes-vous venus à travailler avec ces gens?

Notre amie Gab Shonk avait déjà enregistré avec Guillaume Chartrain au studio Wild et elle nous l’a vivement conseillé. Selon elle, c’était le meilleur ingénieur de son avec qui il était possible de travailler. On l’a donc contacté et il nous a répondu que le projet l’emballait vraiment. À ce moment, il était en train d’ouvrir un studio avec Louis-Jean Cormier, le studio Dandurand. Il nous a proposé de travailler à cet endroit avec lui, même si le studio n’était pas encore tout à fait complété. Nous avons donc été les premiers à l’utiliser pour enregistrer!

Ensuite, pour ce qui est de Guillaume Beauregard, notre collaboration avec lui a débuté lors de l’enregistrement de Chien Noir. Pour cet album, on travaillait avec Hugo Mudie et c’est lui qui nous avait conseillé de repasser à travers nos textes avec Guillaume. C’était donc naturel de collaborer à nouveau avec lui pour Fuego. Une fois l’enregistrement terminé, nous sommes revenus à Québec et nous avons peaufiné les arrangements de l’album au studio La Strip avec notre ami Simon Pedneault.

Encore une fois, les dates de spectacles se sont multipliées après la sortie de cet album, vous menant même jusqu’à une tournée en Chine. C’était comment là-bas?

C’était carrément une autre planète! Mais pour vrai, c’était vraiment une belle tournée. Nous avons même eu des concerts à guichet fermé. Évidemment, c’est impossible de passer à côté de la barrière linguistique. Malgré tout, le show levait à chaque fois. Même si le public ne comprenait pas nos paroles, il ressentait notre vibe et ça se transformait en vrai spectacle rock avec tous les clichés que cela comporte. On se faisait souvent arrêter sur le trottoir ou à l’hôtel, tout simplement pour se faire prendre en photo. Ça faisait vraiment bizarre!

En terminant, le 27 décembre vous présenterez La Caravane des Fêtes, un spectacle bien spécial qui se tiendra dans cette superbe salle qu’est La Nef. À quoi devons-nous nous attendre de cette soirée?

À une tonne de surprises! En fait, le concept de cette soirée vient du fait que depuis la dernière année, le spectacle que nous offrons est en quelque sorte basé sur le principe d’une messe religieuse. C’est notre façon de se moquer du fait que plusieurs disent que le rock and roll est mort. Donc, le show est présenté un peu comme si on assistait aux funérailles du rock and roll. On débute souvent nos concerts en disant que l’on va pleurer ensemble la mort du rock et célébrer sa vie.

En se remémorant un show de Offenbach à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal en 1972, on s’est dit que cela serait vraiment cool de faire ce show dans une église. Et comme la messe la plus populaire est celle de minuit, à Noël, nous avons eu l’idée de tout mettre les ingrédients ensemble. La Caravane des Fêtes était née. Ce sera la 4e édition, mais la première à être présentée dans un lieu aussi solennel.

Plus de 200 billets ont déjà trouvé preneurs, ça risque donc de finir en gros party!

En première partie, les gens pourront apprécier la prestation des groupes Harfang et Mort Rose. Et ce n’est pas tout, il y aura plusieurs autres artistes invités qui monteront sur scène avec nous! Nous vous réservons aussi quelques surprises au niveau des chansons que nous allons jouer lors de cette soirée. Attendez-vous à entendre des versions altérées de notre matériel. On va se permettre pas mal de détours dans l’interprétation de nos morceaux.

Bref, venez faire votre tour, ça risque d’être une soirée que vous n’oublierez pas de sitôt!

La Caravane des Fêtes

BILLETS EN VENTE ICI!

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