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Carotté : engagements festifs

La formation trad-punk québécoise Carotté n’est peut-être active que depuis quelques années, mais elle fait résonner la musique folklorique avec puissance partout où elle passe depuis ses tout premiers pas dans le circuit indépendant de la province. S’étant donné comme mission de redonner un nouveau souffle au genre tout en prenant bien soin d’y insérer un propos dénonciateur tiré de ses inspirations punk, le groupe d’agriculteurs originaires des terres fertiles de Neuville, dans le Comté de Portneuf, cherche à propager son message de la manière la plus festive possible. Travaillant d’arrache-pied à cultiver son lot grandissant de fans, le sextet se retrouve maintenant en position de récolter ce qu’il a semé.

Préparant actuellement son imminente tournée du temps des Fêtes qui prévoit enflammer les salles du Québec, le groupe se remet tout juste de la parution de Dansons donc un quadrille avant de passer au cash, son deuxième album en carrière. On est allé à la rencontre de Médé Langlois, le leader et instigateur de la formation, pour discuter de la genèse de ce nouveau projet, de son côté militant et des concerts prévus d’ici la fin de l’année.

Le groupe est né il y a quelques années suite à cette intention de mêler le folklore traditionnel au punk qui a bercé votre adolescence. Pensiez-vous que cette proposition serait rapidement aussi fructueuse? Êtes-vous surpris de la réaction du public?

Oui et non parce qu’au début, quand on a formé le groupe, je voyais plein de monde qui trippait sur les deux genres et je trouvais qu’il y avait un manque à combler. J’avais l’impression que tant qu’il y aurait un intérêt pour ces styles-là, on allait pouvoir réunir tous ces gens-là. C’était sûr qu’à un certain moment, notre proposition allait chatouiller pas mal de monde. D’une autre manière, je suis un peu surpris parce que la musique trad a longtemps été catégorisée comme étant un peu quétaine et tout. Il reste que c’est cool que le monde embarque dans la formule. Ça nous permet de revenir un peu à nos sources et de mélanger un autre ingrédient à tout ça.

Vous venez tout juste de faire paraître un deuxième album. Comment est-ce celui-ci diffère du précédent? Comment a-t-il pris forme?

Le processus est pas mal le même. Je dis tout le temps que la musique, c’est comme l’agriculture. Dans le sens que c’est comme si on prenait une vieille semence pis on mettait ça dans nos comptoirs, on faisait une nouvelle présentation, pour finalement arriver avec une nouvelle recette. Pour moi, c’est un peu le même truc. On revient donc un peu au fonctionnement de Punklore et Trashdition, notre premier album. On part souvent d’un vieil air ou d’un rill des gens du comté de Portneuf, pis après on y met de la distorsion, du drum, et des fois on va un peu plus loin et on refait de nouvelles paroles. C’est un peu un mélange du vieux et du neuf.

Le groupe mise pas mal sur son image et son héritage d’agriculteur de Neuville. Comment est-ce que votre musique résonne près des grands centres urbains? Est-ce aussi facile que n’ importe où ailleurs?

Ça résonne bien parce que tout le monde a déjà entendu un rill dans sa vie. Ça vient chercher beaucoup de gens d’ici pis on dirait que ça réveille leur côté festif. Les spectacles deviennent comme de gros party de cuisine pis les gens des différents centres-villes aiment ça autant que ceux qu’on peut retrouver du côté de la Gaspésie. De toute façon, il y a beaucoup de gens des régions qui sont rendus dans les villes. Maintenant, tout le monde a des paniers bio, on achète des légumes dans les marchés publics, etc. On voit que la campagne est de plus en plus dans la ville. Donc que ce soit en ville ou en dehors, je pense que le monde aime bien ça.

Le deuxième extrait de l’album, Chant de Pot, traite de la prolifération de la marijuana. Comment est-ce qu’un groupe comme Carotté réagit face à la légalisation du cannabis au pays? Est-ce une victoire sur toute la ligne ou vous avez certaines réserves?

Ce n’est pas une victoire sur toute la ligne parce qu’il va toujours y avoir des points à revendiquer là-dessus. Mais oui, c’est important de dire que c’est un grand pas qui est fait dans nos sociétés parce que la marijuana ce n’est pas plus dommageable que bien des mauvaises choses dans nos habitudes de consommation. Concernant nos réserves, c’est sûr que c’est triste de voir que les gouvernements ont donné la tarte aux quatre ou cinq personnes qui vont avoir des grosses productions de cannabis, tandis que les agriculteurs tirent présentement tous un peu la couverte. Déjà avec l’arrivée du lait américain et le nombre de fromages français qui entrent sur le marché, ça ne va pas super bien dans le monde de l’agriculture. Ça rend tout ça un peu compliqué. Je pense qu’ils auraient pu séparer la production entre les agriculteurs.

Vous avez une proposition musicalement très festive qui rallie et vous êtes également assez politisés dans les propos de vos chansons. Dans une ère de rectitude politique et de sérieuses divisions idéologiques, est-ce que vos prises de position ont déjà nuit à votre mission de rassemblement? Pensez-vous que vous perdez de potentiels fans?

Je ne pense pas parce qu’à la base c’est festif. On mise beaucoup sur cet aspect dans nos chansons et nos spectacles. Si ce qu’on dit ne plaît pas à certaines personnes, c’est tant pis pour eux autres. Et s’ils prônent des affaires que nous-mêmes on ne prône pas, j’ai l’impression qu’ils ne seraient pas de bons fans de Carotté. De toute façon, on ne s’empêchera jamais de dire ce qu’on pense. C’est un peu là que la mentalité punk se manifeste.

Vous serez de passage à l’Anti de Québec le 1er décembre et vous amorcerez ensuite une petite tournée du Québec avant les Fêtes. À quoi est-ce que le public peut s’attendre? Il y aura certaines surprises?

C’est sûr qu’il va y avoir des petits cadeaux à Québec. On ne peut pas trop en parler, mais il va y en avoir! Pour ce qui est du spectacle, on joue pas mal l’entièreté des deux albums sur une période d’au moins une heure et demie. On va avoir chaud!  Les spectateurs viennent faire des trash carré! Ça fait quelques fois qu’on fait une tournée du temps des Fêtes, donc les gens sont habitués et ils viennent tripper. Carotté, c’est un gros party de cuisine où tu viens lâcher ton fou!


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29 décembre, Le Trou du diable Microbrasserie, à Shawinigan

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Toutes les dates de Carotté pour leur tournée des fêtes  ici.

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