Cyndi Trudel
Entrevues

Cyndi Trudel – La tête pleine de projets

Depuis 2009, Zoofest carbure à la prise de risques et à la découverte de talents émergents. Du 5 au 28 juillet, le festival montréalais d’humour, de théâtre et de musique soulignera son 10e anniversaire par une folle programmation entre autres composée de ses propres productions ainsi que de nouveaux visages et d’artistes établis. Malgré l’exigence de son travail de terrain et de bureau et les décisions déchirantes qu’elle doit prendre, Cyndi Trudel, la directrice de la programmation, n’est pas prête de perdre la flamme pour son métier. C’est avec fierté qu’elle nous parle ici de son implication au sein de Zoofest.

Qu’est-ce qui t’a amenée à travailler pour Zoofest? Quel est ton parcours académique et professionnel?

C’est mon contact avec Patrick Rozon, le directeur général et artistique, qui m’a amenée à travailler à Zoofest. Mon background professionnel n’a rien à voir avec l’organisation. J’ai un baccalauréat en études théâtrales ainsi qu’un DEC en théâtre. Lorsque j’étais au cégep, Patrick était mon metteur en scène. Et au Collège de Valleyfield, là où j’ai étudié, je m’impliquais dans toutes les activités parascolaires en organisation, j’ai donc toujours travaillé dans l’événementiel. Même pendant mon baccalauréat, j’avais des petits contrats pour la Ville et je travaillais avec des amis sur des événements. Par la suite, j’ai été engagée au Collège de Valleyfield pour organiser des événements. Et c’est dans le cadre de l’un d’entre eux que j’ai recroisé Patrick Rozon; je ne l’avais pas vu depuis bien longtemps. Il m’a offert du travail et, pendant un été, j’ai été directrice de projets à Zoofest. À la fin de l’été, la directrice de la programmation quittait son poste et, comme ça s’était bien passé, Patrick me l’a proposé. Et depuis maintenant deux ans, je suis directrice de la programmation.

Pourrais-tu me décrire une journée typique au travail en tant que directrice de la programmation?

Ça, c’est une question qui pourrait avoir plusieurs réponses! Une journée à l’automne et une journée au mois de juin, ce n’est vraiment pas la même chose. Mais, de façon générale, je dirais que le travail consiste principalement à avoir un contact avec les agents et les artistes qui souhaitent proposer des spectacles à Zoofest. À l’automne, je fais beaucoup de rencontres avec eux et nous discutons de futurs projets. De plus, nous rencontrons des partenaires et des salles pour des collaborations. Aux mois de mai et juin, c’est le rush de la conférence de presse. Nous devons tout conclure: signer les contrats, faire nos dernières ententes, courir après les artistes pour avoir les visuels et les descriptifs, etc. Bref, c’est un peu plus la poutine.

Quels sont tes outils les plus utiles au quotidien?

C’est certain que ma boîte courriel est toujours ouverte! Je dirais que sur 8 heures de travail, je peux y être pendant au moins 6 heures à écrire et recevoir des courriels. Sinon, le téléphone est vraiment important. Nous travaillons aussi beaucoup avec Facebook pour les communications et la recherche d’artistes. Et il y a Word, Excel, etc.

Tu as mentionné que Facebook t’aidait à trouver des artistes pour la programmation. Quels sont les autres moyens?

En fait, à l’automne, mon travail consiste également à assister à des soirées d’humour. Je passe un bon trois soirs par semaine à voir des performances. Je pense que c’est important d’encourager la relève et de la connaître. Aussi, c’est le fun pour les artistes de voir que Zoofest est présent, que nous sommes là, que nous les voyons et que nous ne programmons pas dans le vide. Notre programmation a une crédibilité, parce que j’ai justement vu ces artistes au courant de l’année. Nous travaillons par appel de projets pour la programmation et, parfois, nous ne connaissons pas tout le monde, surtout les gens qui ne viennent pas de Montréal ou qui viennent de sortir de l’école. À ce moment-là, il faut que j’associe un visage à un nom, donc Facebook est quand même pratique pour en savoir davantage sur ces artistes. Si je vois, par exemple, qu’ils ont un gros reach et qu’ils sont vraiment connus par le public, je m’arrange pour les trouver dans une soirée d’humour ou voir un de leurs shows concepts. C’est mon travail de les trouver et de savoir de quoi ils ont l’air.

Zoofest célèbre son 10e anniversaire cette année; quels ont été les défis de la programmation de cette 10e édition?

Je dirais qu’un événement important a changé le cours normal de la programmation et ça a été un peu difficile, parce que nous avons pris beaucoup de retard. Mais principalement, je pense que nous sommes arrivés à ce que nous souhaitions. Nous avons créé le Gala du 10e, un très gros événement avec plusieurs anciens de Zoofest. En fait, la programmation 2018 est un beau mélange entre les générations; il y a beaucoup d’anciens, mais il y a aussi beaucoup de nouveaux visages, de nouveaux talents. Et c’est comme ça à Zoofest, il y a toujours des cycles. Les artistes font 3-4 ans et, par la suite, ils deviennent plus connus et passent à autre chose. Ils n’ont pas le même temps à nous accorder, mais ils reviennent quand même faire des shows concepts ou roder 2 soirs dans une petite salle. Mais il faut toujours laisser la place à la relève pour qu’elle se crée et se fasse connaître, pour qu’elle passe aussi, dans 3-4 ans, à autre chose et qu’une nouvelle génération d’artistes émerge.

Qu’est-ce qui te rend la plus fière dans la programmation de cette année?

L’année dernière, Zoofest a commencé à produire des shows et, cette année, nous en avons réalisé 5! Nous faisons entre autres la série Ben voyons donc!, où nous invitons un artiste qui ne fait généralement pas d’humour à venir faire un spectacle. Nous avons également la Table d’Hôte qui revient et le Gala 2023 qui est une nouveauté. Pour ce gala, nous avons approché Charles Pellerin et lui avons demandé de créer un show concept avec plein de gens de la relève. Il s’est donc entouré de ses amis et, ensemble, ils feront comme s’ils étaient des superstars de l’humour en 2023. Le gala sera composé de numéros exclusifs, ce qui risque d’être fort intéressant! Je pense que nous pouvons être fiers, car malgré l’année que nous venons de vivre, la programmation est complète et superbe. Nous n’avons pas moins de gens et de qualité, au contraire. Ça, c’est quand même un bel exploit!

Quel conseil ultime aurais-tu aimé recevoir avant de te lancer dans la programmation d’un festival comme Zoofest?

C’est dur à dire! (rires) Nous travaillons principalement par appel de projets et, parmi les 200 projets que je reçois, je dois environ en sélectionner 50. Donc, je pense que j’aurais aimé qu’on me prévienne que c’est extrêmement difficile de choisir seulement 50 spectacles et d’expliquer pourquoi nous prenons plus un ou plus l’autre. Quand nous nous faisons proposer un projet, il n’est pas tout à fait construit et je ne l’ai pas vu. Pour la plupart, ils n’existent pas encore, alors pourquoi ferais-je plus confiance à un projet qu’à un autre? C’est difficile de trancher parmi tous ces beaux projets.

Quels sont tes objectifs à long terme pour la programmation de Zoofest?

Chaque année, la programmation de Zoofest se renouvelle. Dans les prochaines années, je pense que l’objectif serait d’avoir un peu plus de productions, de créer un peu plus de nouveaux spectacles. De plus, nous avons un beau mélange de nouveaux visages et de gens plus établis et je pense qu’il faut que ça reste, même que ça soit un peu plus mixte. Mais, d’après moi, l’avenir de Zoofest est principalement dans la création de nouveaux spectacles, dans notre capacité d’engager des artistes et de leur payer un trip, comme on dit! Pour l’instant, nous travaillons beaucoup, comme je disais, par appel de projets, donc les artistes arrivent avec un projet et nous le proposent. Toutefois, nous avons déjà commencé à créer des événements avec eux et nous sentons que notre collaboration change beaucoup, puisque nous travaillons très étroitement. À long terme, je pense donc que Zoofest essaiera de s’impliquer un peu plus en créativité tout en laissant place, bien évidemment, à tous les projets excentriques que nous recevons.

Zoofest

🗓 5 au 28 juillet
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