Mr. DesBouleaux Fest
Entrevue

Le DesBouleaux Fest: pour l’amour du rock

Si l’on a souvent associé Mirabel à son défunt aéroport par le passé, la ville éveille maintenant la curiosité pour une toute autre raison. Depuis maintenant 7 ans, la municipalité accueille chaque année le DesBouleaux Fest, un des rares festivals québécois à offrir une place importante aux artistes punk et métal de la province.

Le festival, qui se tiendra les 18 et 19 août prochain, nous promet encore cette année une édition réussie. Par le passé, des groupes aussi notables que The Sainte Catherines, Unearth, Obey the Brave et Merauder ont été attirés au Parc Jean-Laurin. Et cette année encore, avec en tête d’affiche Comeback Kid, les Ontariens Single Mothers et le collectif hip-hop Alaclair Ensemble, le DesBouleaux Fest fera certainement bande à part dans le milieu des festivals de musique au Québec.

Pour mieux comprendre cet agréable phénomène, il suffit de rencontrer le fondateur et programmateur du festival, Michaël Lagacé-Henripin. C’est lui qui, en 2011, a décidé d’organiser un petit festival dans la cour de ses parents sur la rue Des Bouleaux, dans le secteur Saint-Augustin de Mirabel. À l’époque, le seul groupe programmé était Harriers et la scène se composait entièrement d’un petit deck en bois, construit à la main par Michaël et des amis. La situation a depuis bien évolué et Michaël se retrouve à la tête d’une importante organisation qui fait courir les foules. Nous lui avons posé quelques questions pour mieux saisir le travail qu’il accomplit maintenant année après année.

Comme le DesBouleaux Fest se déroule sur la Rive-Nord, on ne peut pas trop éviter le sujet de l’offre culturelle «en région». Les festivals hors des grands centres semblent connaître un succès assez énorme cette année et se multiplient également. Comment est-ce que tu vois ce phénomène et que représente-t-il pour le DesBouleaux Fest?

C’est super! Je suis toujours content de voir des nouvelles initiatives originales qui font rayonner les différentes régions du Québec. Cependant, je crois que c’est très important que ces organisations se renseignent sur ce qui existe déjà autour d’elles et qu’il y ait une bonne communication entre les différents diffuseurs de chaque région.

Est-ce que tu sens une certaine compétition avec les autres festivals, et plus directement avec ceux spécialisés en musiques punk et métal comme le Pouzza Fest ou le Rockfest de Montebello?

Je sens qu’il y a une certaine compétition dans ce milieu, mais elle ne m’affecte pas particulièrement. Mon focus est davantage axé sur la fraternité que l’on peut développer avec les autres festivals que sur la manière de leur mettre un bâton Easton en aluminium dans les roues pour qu’ils se plantent face première sur l’asphalte. J’aime mieux recevoir une passe sur la palette du Pouzza Fest, faire un high five au Festif! de Baie St-Paul ou donner une tape dans le dos à Envol et Macadam que de leur faire un double-échec par en arrière et je crois que c’est pareil pour plusieurs d’entre eux. Il y a assez d’artiste de talent sur terre pour éviter la chicane. De toute façon, chaque festival est sensé avoir son âme et sa façon de faire, donc si tu penses faire de la compétition dans ce milieu-là, tu ne le fais pas pour les bonnes raisons.

Sinon, le DesBouleaux Fest n’est pas qu’un festival spécialisé en musiques punk et métal. Tu y programme également des groupes de hip-hop, un concours de skate et tu y fais une place particulièrement importante aux humoristes de la relève. Pourquoi avoir décidé d’intégrer ces deux derniers volets extra-musicaux?

Comme je disais plus haut, chaque festival doit avoir ses façons de faire, et je n’avais jamais vu de volet humour dans un festival musical au Québec. Étant fan d’humour, j’ai décidé, en implantant ce volet-là, que ce serait un peu ma marque de commerce. Les humoristes en début de carrière ont le même genre de cheminement que les groupes underground et je trouve ça intéressant de les voir travailler dans le même contexte.

Pour ce qui est du hip-hop, je vais devoir blâmer Tony Hawk Pro Skater 4. Dans ce jeu vidéo, il y a un mix des genres musicaux qui est simplement parfait qui m’a permis d’arrêter de penser qu’un être humain pouvait seulement aimer un genre musical (je ne le montrais pas publiquement, j’avais 14 ans, un t-shirt trop grand de l’album Hatebreeder de Children Of Bodom et il y avait encore la guerre des fresh vs les skater à l’école, mais ça c’est notre secret) et de faire pas mal de découverte comme N.W.A, Public Enemy et De La Soul. J’ai donc décidé de faire la même chose avec mon festival parce que de toute façon: « At the end of the day, music is music». La compétition de skate est une initiative de la Maison des Jeunes de Saint-Augustin à Mirabel qui permet de financer leurs activités au courant de l’année. Étant impliqué dans l’univers des Maisons des Jeunes depuis 2014, je leur ai offert de faire l’événement la même fin de semaine que le DesBouleaux Fest, puisque musique et skateboard ne font qu’un pour moi.

Chaque année, tu sembles te faire plaisir en programmant des groupes que tu aimes particulièrement. Si je te demande quels groupes tu as été le plus content de booker pour l’édition 2017, tu me répondrais quoi? Et de façon plus générale, quel groupe est-ce que tu aimerais le plus réussir à faire venir à Mirabel un jour?

Je te réponds Comeback Kid sans hésiter! C’est le groupe que j’essaie de booker à chaque année depuis que le festival a passé de la cour de chez mes parents au terrain de baseball du Parc Jean-Laurin en 2013. L’album Wake The Dead eu un gros impact sur moi dans mon après-secondaire/époque MySpace et en plus, j’ai eu la chance de tourner avec eux en Europe en tant que directeur de tournée de Get The Shot qui faisait leur première partie en février dernier.

Pour ta deuxième question, qui est très difficile, je vais t’en nommer trois, de styles différents : Europe, Immortal Technique et Stick To Your Guns.

En terminant, qu’est-ce qui te rend le plus fier de ton festival?

Qu’il est devenu un des phares de la culture alternative au Québec tout en restant le même festival convivial et familial. En plus, il met Mirabel sur la carte pour autre chose que l’aéroport et le gros centre d’achat!

Pour vous procurer des billets pour l’édition 2017 du DesBouleaux Fest, c’est par ici que ça se passe!

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