Dirt Cannon
Entrevues

Dirt Cannon – Un retour attendu

Après une pause de quatre ans, Dirt Cannon revient à la charge avec un mini-album autoproduit de six morceaux, What Eats You. Malgré le délai, la formation rock originaire de Repentigny n’a pas perdu son identité: le son demeure toujours aussi brut et corrosif, porté par des riffs de guitare bouillonnants. Discussion avec le chanteur du groupe, Olivier Bédard, pour parler de l’attente avant la sortie du troisième album, de la conciliation travail/musique, de la pochette conçue par Alexandre Goulet et des prochains projets du groupe.

Ça faisait près de quatre ans que vous n’aviez pas sorti d’album. Est-ce que vous avez préféré prendre votre temps ou — au contraire — certains éléments sont venus retarder la sortie du nouvel album?

À la sortie de Tough Love en 2014, notre deuxième long jeu en deux ans, c’était prévu qu’il y ait une sorte de «pause» avant un troisième album parce qu’on voulait prendre le temps de faire connaître les deux premiers. Mais avec Dom qui est parti en 2016, le processus a effectivement été retardé, et je dois dire que What Eats You s’est concrétisé réellement à la fin de 2017. J’irais même jusqu’à dire que le nouvel album a seulement six chansons, parce qu’on ne voulait pas étirer l’attente une année de plus et on sentait qu’il était temps de renouer avec Dirt Cannon, notre nouvelle formule quatuor et les amis qui nous suivent depuis le début.

Quelle direction musicale vouliez-vous prendre en tant que groupe pour ce troisième album?

En gros, la même direction qu’on a toujours eue. Très riff-oriented, des refrains relativement accrocheurs, des breakdowns très rock’n’roll… Faut dire que Tough Love nous avait fait faire un pas de plus vers un son plus lourd et moins rock punk, et je crois que le nouvel album est un pas de plus dans cette direction. Avec une voix et une guitare de moins, le côté rock’n’roll me semble plus assumé, mais je crois que c’est le même son qu’avant, et ça vient évidemment plus naturellement maintenant qu’on fait ça depuis plus de sept années ensemble. Au final, l’important, c’est que ça groove.

Chacun des membres a un emploi à temps plein outre l’engagement dans Dirt Cannon. Est-ce que cela représente une embûche à votre temps de pratique et, par le fait même, à votre processus créatif?

Ouais, ça, c’est toute une patente. Dirt Cannon, c’est un maudit beau passe-temps, et les gars qui restent ne le lâcheront jamais pour mille et une raisons différentes, mais c’est compliqué à faire tenir debout. On pratique en moyenne une fois par semaine, et quand viennent les spectacles, on met la pédale au fond. Composer, c’est compliqué, mais ça finit par se faire. Comme je disais, ça explique le délai de quatre années entre les deux derniers albums. Et heureusement, il y a toujours quelque chose qui se passe pour nous redonner le goût d’écrire de nouvelles chansons. Ça se passe d’ailleurs encore avec les amis de chez Slam. On a la chance d’être vraiment bien entouré, ça nous permet de continuer à avancer (malgré tout)!

Parlez-nous un peu de l’art de l’album. Sur la pochette, on peut voir un crocodile dans l’eau près d’une vieille grange abandonnée. Est-ce qu’il y a un lien à faire entre cette image et certaines paroles de l’album?

C’est notre ami Isaac du Trou du Diable qui nous a mis en contact avec le très excellent Alexandre Goulet. En partant, on avait cliqué sur quelque chose de très cinématographique et Alex avait le goût de sortir des sentiers «métal» qu’il arpente d’ailleurs avec beaucoup de talent et de succès depuis nombre d’années. Le gars trippe lézard faut croire, et il avait pratiquement carte blanche. Ce qui est cool, c’est qu’effectivement ça suit la prémisse de What Eats You (ce qui te mange ou te démange, genre un alligator) et ça raconte une histoire complète, du CD jusqu’à l’intérieur et l’extérieur de la pochette. On peut voir ça comme une métaphore de ce que je raconte sur l’album, mais j’aime mieux ne pas trop m’aventurer sur ce terrain-là. Disons simplement que selon moi, la nature a toujours le dessus (rien à voir avec l’environnement).

Vous serez de passage au Zaricot de Saint-Hyacinthe le 21 juillet prochain. Est-ce qu’on peut s’attendre à une tournée québécoise au cours de la prochaine année?

On a plusieurs dates déjà annoncées un peu partout pour cet été, et on risque de se promener ici et là comme on l’a toujours fait. On est de retour pour de bon, mais il n’y a pas de «tournée» à proprement parler. On n’en a jamais vraiment fait non plus. Dans le fond, si tu veux qu’on soit là, on est là. Simple de même.

Quels sont vos plans pour le futur? Est-ce qu’un quatrième album est déjà en préparation?

Maintenant qu’on peut compter sur l’aide de Slam Disques et que le Trou du Diable continue d’alimenter la flamme, je te dirais qu’il y a de la musique à venir. Mais pour le moment, on veut se concentrer à faire connaître la musique déjà parue. Trois albums en sept ans, c’est déjà pas pire, on va s’arranger pour faire tripper le monde avec ça.

EN SPECTACLE

21 juillet @ Le Zaricot, Saint-Hyacinthe · Billets
29 juillet @ L’Anti Bar & Spectacles, Québec (avec Sudden Waves) · Billets

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