FouKi
Entrevues

FouKi – Rester actif no matter what

Peu de rappeurs de la relève québécoise peuvent se vanter d’avoir un parcours aussi impressionnant que celui de FouKi. Avec son ingénieux complice Le Michel Silencieux (aka Quiet Mike) à la production des beats, il a réussi à façonner une proposition hip-hop résolument contemporaine au lexique original et aux couleurs distinctes.

En seulement quelques années, le emcee du Plateau est passé d’un jeune rappeur parmi tant d’autres sur le web à une véritable star qui génère beaucoup de clics dans l’underground québécois. Cette lancée fulgurante a connu son point culminant avec une signature sous la prestigieuse étiquette 7ième Ciel et la parution de Zay, un premier album officiel, en avril 2018. Acclamé par la critique, ce nouveau projet a ouvert à FouKi les portes des festivals les plus courus et lui a offert diverses opportunités aux quatre coins de la province.

Si d’un point de vue extérieur, le chemin du rappeur montréalais FouKi peut sembler pavé d’or, la vérité est que tout ce succès est le fruit d’une grande quantité d’audace, de talent et de travail. Prolifique de nature, le rappeur a récemment fait paraître un nouvel EP, une chanson de son collectif La Fourmilière et a annoncé une courte série de concerts en France. On s’est entretenu avec l’une des plus grandes sensations de la scène locale actuelle pour discuter de sa nouvelle vie et de ses multiples projets.

Les derniers mois ont été très mouvementés pour toi. Il y a eu le lancement de ton premier album officiel, une panoplie de spectacles importants dont le showcase à MURAL, un set aux Francofolies, le Hip Hop 101 au Beachclub, etc. Es-tu épuisé ou est-ce que le fait d’être constamment en mouvement te donne de l’énergie?

Je dirais que c’est un peu des deux. Ça dépend de plein de choses. Quand il fait beau, ça me tente tellement d’aller faire les shows, puis d’autres fois, quand il pleut, je sens que ça me tente un peu moins. En fin de compte, ça me donne des ailes que le monde écoute ma musique à ce point-là. Je ne pourrais pas demander mieux.

T’as fait ton chemin en indépendant pendant un certain temps avant de faire ta place chez 7ième Ciel. Plusieurs mois après la parution de ton premier album officiel et un paquet de spectacles de plus grande envergure, comment vis-tu la transition?

C’est sûr qu’il y a quand même un bon stress. C’est fou parce que je suis rapidement passé d’un nobody à un nom qui circule beaucoup. Du jour au lendemain, tout le monde me veut en entrevue, tout le monde me veut en show, etc. C’est honnêtement un peu déstabilisant. Il faut dire que Le Michel Silencieux et moi on a toujours été deux gars un peu anxieux dans la vie. C’est peut-être ça aussi qui fait en sorte qu’on fait de la bonne musique, mais le fait de passer du tout au tout aussi rapidement, c’est certain qu’on ressent une petite pression de devoir livrer la marchandise et d’avoir tous ces regards braqués sur nous. Au final, j’essaie de faire les shows qui me donnent le plus envie de faire des shows. On va voir où tout ça nous mène.

Sur le plan artistique, est-ce que cette pression-là change quelque chose ou tu continues de faire comme t’as toujours fait?

En fait, c’est vraiment le seul aspect qui ne change pas. Il reste que la musique, c’est ce qu’on aime le plus faire. Qu’on soit des inconnus ou les personnes les plus en demande au Québec, artistiquement, on va rester les mêmes. Je suis vraiment prolifique parce que maintenant je peux réellement faire ma musique quand je veux, ce qui n’était pas nécessairement le cas avant. C’est vraiment un game changer, comme on dit.

Tout récemment, t’as fait paraître sur le web un EP intitulé La Zayté qui a une touche très estivale assez différente de ta signature habituelle. Comment est-ce que le public et ta fanbase ont réagi à la parution de ce nouveau projet?

C’est sûr que j’ai vu quelques petits posts et des stories sur les médias sociaux de gens qui disaient préférer le vieux FouKi, mais tu sais, si tu veux faire de la musique longtemps, il faut que t’essaies des nouvelles affaires. J’aime beaucoup tout ce qui est reggae, dancehall, reggaeton, etc. J’avais jamais sorti de musique comme ça, pis même dans le rap québécois en général, je trouve qu’il n’y a pas vraiment de trucs dans ce genre-là. J’me suis dit, pourquoi pas! Je voulais montrer que j’aime pas juste le rap plus «classique». Il y a aussi plein d’autres sortes de rap qui peuvent être bonnes. Personnellement, j’écoute La Zayté pis je suis très fier.

L’industrie québécoise commence à te donner des props. T’étais en nomination pour le prix Félix-Leclerc et il y a un paquet d’autres nominations qui seront annoncées bientôt. Pour quelqu’un qui a fait sa place par ses propres moyens, quelle valeur accordes-tu aux prix en général?

Oui, je serai en nomination à l’ADISQ aussi. Je pense qu’il ne faut pas trop s’attarder là-dessus, mais il reste que ça se prend bien. C’est comme un joueur de hockey qui n’aurait jamais gagné la Coupe Stanley, mais qui aurait toujours été le meilleur joueur de son équipe. Il ne peut pas vraiment s’en vouloir de ne jamais avoir ramené de trophée chez lui. Il ne faut donc pas trop se préoccuper de tout ça, mais si je gagne, je pense que je vais être surpris et assez content.

En plus de tous tes projets personnels, tu fais partie du collectif La Fourmilière avec une vingtaine de tes comparses. Vous avez sorti la pièce Purp de St-Mich il y a quelques semaines. Quels sont les plans avec ce projet-là?

Présentement, on se concentre vraiment tous sur un album commun. Il est pas mal fait, il reste juste du mixing. On est dans la finition. On a environ une vingtaine de chansons, il faut donc faire un tri pour garder environ les 15 meilleures. Il reste aussi à choisir les singles, les vidéoclips, etc. On va peut-être faire un lancement à Montréal puis un autre à Québec. Je pense qu’on va s’en tenir à ça parce que tu ne peux pas vraiment faire une tournée avec 20 personnes. On va bientôt avoir un meeting pour la sortie officielle qui serait peut-être sous 7ième Ciel.

Tu avais les yeux rivés sur une tournée en Europe depuis un bon moment. Dernièrement, t’as annoncé que tu partais faire des spectacles en France en octobre prochain. Comment est-ce que ça s’est concrétisé et comment comptes-tu te préparer pour attaquer la scène française?

On a des dates le 17 octobre au MaMA Festival & Convention de Paris, le 19 à Lyon et le 23 à Grenoble. Pour la façon dont ça s’est booké, c’est sûr que d’être sous l’étiquette 7ième Ciel ça aide pas mal parce que Steve [Jolin, fondateur de l’étiquette] était déjà allé faire du repérage là-bas. À travers ça, on a réussi à se booker la première partie d’Alaclair Ensemble, qui est aussi sur le label, à Lyon et à Grenoble. Je pense que pour ce qui est de la préparation des spectacles, elle va pas mal rester pareille, mais c’est certain qu’entre deux chansons, je vais sûrement trouver autre chose à dire que lorsque je suis au Québec. Je pense que vais être plus à l’aise de dire des conneries parce que dans le pire des cas, je vais me dire que les Français vont penser que c’est du «québécois»! Mais non, je pense que ça va être vraiment le fun. Quand je commençais à rapper, je ne pensais même pas aller en France un jour. C’est vraiment un accomplissement dont je suis fier et dont je vais me rappeler longtemps.

EN SPECTACLE…

7 septembre @ L’Embuscade, Trois-Rivières (complet)
8 septembre @ Suroît Aventures, L’Isle-aux-Coudres · Billets
5 octobre @ La Boîte, Saint-Jean-sur-Richelieu · Billets
6 octobre @ Minotaure, Gatineau · Billets
15 décembre @ Salle Multi, Québec · Billets
25 janvier @ Le Zaricot, Saint-Hyacinthe · Billets

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