Entrevues

Jon H. Genier – Le punk-rock comme mode de vie

Lorsqu’on m’a demandé de faire cette entrevue avec Jon H. Genier, je n’avais aucune idée du genre de personnage avec lequel j’aurais à m’entretenir. Je me suis adonné à une petite session de fouinage en règle sur sa page Facebook, ce qui m’a permis de constater qu’il semblait plutôt occupé – principalement par son agence (AJG) – et donc, peut-être pas très disposé à discuter longtemps au téléphone. On s’est échangé quelques messages, un rendez-vous a été pris et c’était finalement un Jon tout ce qu’il y a de plus sympathique qui a répondu à mon appel. Alors on a jasé, longtemps. Un peu de son agence, mais surtout du grand retour de Twenty2, ce groupe avec lequel il a laissé une marque indélébile sur la scène punk-rock québécoise.

La plupart d’entre nous t’avons connu en tant que chanteur du groupe punk-rock Twenty2. Du plus loin que tu te souviennes, d’où t’es venue cette envie de faire de la musique?

Le premier groupe qui m’a vraiment fait tripper – j’avais pas encore 10 ans – c’est Corbeau, va savoir pourquoi… Après, j’ai écouté beaucoup de Rolling Stones et puis dans ma pré-adolescence, j’ai découvert le glam rock / métal avec Iron Maiden, Judas Priest, Motley Crüe, Twisted Sisters etc. Ensuite, vers 14 ou 15 ans, j’ai commencé à faire du skateboard et à regarder beaucoup de films de skate. Cela s’est aussi traduit par la découverte de plusieurs nouveaux groupes. Je suis rapidement devenu accro à ce style de musique. C’est d’ailleurs à cet âge que j’ai commencé à jouer mes premières notes sur une guitare. Ensuite, l’envie d’avoir un groupe n’a pas tardée à se manifester!

Combien de temps s’est-il écoulé entre ces premières notes et la formation du groupe Twenty2?

En fait, mon premier groupe a été Warthog, mais on n’a pas fait grand chose disons. Ensuite, j’ai joué pendant presque 5 ans avec ThirdFall. Dans ce groupe-là, Martin (Barry) et moi s’échangions le rôle de chanteur et de guitariste: quand je chantais il jouait de la guitare, et vice et versa. On avait beaucoup de fun avec ce projet-là. Un jour, Nick (batteur de ThirdFall) et moi avons eu envie de travailler sur quelque chose de nouveau. C’est de cette façon que Twenty2 est né.

J’ai cru remarquer qu’il n’y a pas qu’en musique que tu avais cette propension à démarrer de nouveaux projets. Comment est-ce que, parallèlement à tout ça, tu en es venu à fonder l’Agence AJG?

À l’époque, je travaillais dans un skateshop à Chambly (Adrénaline) et j’étais responsable des achats dans le département des souliers. Je trippais non seulement sur le skateboard et la musique punk, mais aussi sur toute la culture autour de ça. Tout ce que je faisais était axé là-dessus. À la même époque, un de mes amis était représentant pour les souliers Osiris et Adio, mais il devait quitter ce boulot puisqu’il était sur le point de devenir représentant pour DC Shoes. J’ai appliqué sur son ancien poste et je l’ai obtenu. À ce moment, l’idée d’être propriétaire de ma propre agence de représentation ne m’effleure même pas l’esprit. J’ai passé 3 ou 4 ans à me promener d’une boutique à l’autre pour vendre mes souliers et, tandis que le marché prenait de l’ampleur, d’autres marques me contactaient pour que je les représente. J’en étais rendu au point où j’avais besoin d’un showroom, voire même d’engager des gens pour m’aider.

C’était compliqué de gérer tout ça en en parallèle avec Twenty2?

Non, au contraire! Avec Twenty2, on se promenait pour faire des shows partout à travers le Québec. C’était le prétexte idéal pour faire la tournée des magasins avec lesquels je faisais affaire. Je partais une journée en avance pour le travail et les gars venaient ensuite me rejoindre pour le show. C’était le scénario idéal en fait!

Au début des années 2000, Twenty2 surfe sur une vague de succès. Est-ce que l’on peut dire que c’est l’album The Dudes of Hazzard qui en a été à l’origine?

Absoluement! À cette époque, Frank venait tout juste de rejoindre le groupe en tant que guitariste. Notre façon d’écrire et de jouer les chansons étaient similaires, alors il y a eu une réelle connexion à ce niveau.

Pour moi, cet album est le premier qui est digne de ce nom. Il avait une ligne directrice et nous avons tous mis l’épaule à la roue pour le réaliser. Le but n’était plus de faire de la musique pour faire de la musique. On voulait quelque chose qui se tient. Donc oui, c’est pas mal de là que tout est parti.

Par la suite, on a changé de drummer et nous avons reçu une offre pour participer à la tournée 123 Punk! avec Rise Against, Belvedere et Mute. On s’est dit que c’était un bon moment pour enregistrer du nouveau matériel le plus rapidement possible. La tâche n’était pas mince pour le nouveau membre du groupe. En plus de prendre part aux sessions pour l’enregistrement de l’album Unstable, il devait également mémoriser toutes les autres chansons. Et comme si cela n’était pas assez, il travaillait de nuit. Cela faisait en sorte que l’on pratiquait à… 7 h le matin! Malheureusement, cette tournée à été reportée.

Est-ce que tu considères que cette période est le moment où votre groupe était à son apogée?

Avec le recul, je pense qu’il est possible d’identifier deux périodes distinctes. La tournée 123 Punk! et la fin des années 90/début des années 2000. Le groupe connaît un certain succès avec des foules avoisinant toujours les 200-300 personnes, et ce, partout au Québec. Après la tournée avec Réjean Laplanche, on s’attendait à ce que ça continue dans la même direction. Ce n’est pas exactement ce qui s’est passé. Vers 2007, nous avons tiré la plogue.

Depuis quelques mois, on voit passer des photos sur les médias sociaux qui annoncent le retour de Twenty2 et la sortie d’un nouvel album. Est-ce que tout ça était prévu depuis longtemps?

Après la fin de Twenty2, l’envie de jouer de la musique ne m’a jamais quitté. J’ai eu quelques projets, mais rien de très concluant. On peut dire que je n’ai pas été super actif à ce niveau. En 2013, Music 4 Cancer nous a approché pour qu’on fasse un retour sur scène. Le timing était bon et c’était pour supporter une bonne cause. Ensuite, on a continué à jouer ensemble ici et là. De mon côté, j’ai toujours continué à écrire des tounes et je suis resté en contact avec Frank et Dan. On s’envoyait des chansons via courriel sur lesquelles on travaillait chacun de notre côté. Éventuellement, cela s’est avéré être une méthode efficace. Avec 6 ou 7 nouvelles compositions en poche, on a décidé de se remettre ensemble et de prendre la direction du studio.

Comment entrevoyez-vous le retour de Twenty2, avez-vous des attentes ou des objectifs précis en tête avec la sortie de ce nouvel album?

Le but ultime est de s’amuser. On le fait tous par passion. Personnellement, je n’ai jamais été pleinement satisfait de tout ce que j’ai accompli avec Twenty2 dans le passé. Tout se faisait à la hâte et nous n’avons jamais vraiment pris le temps de bien faire les choses. Sur ce point, je pense que les autres gars du band seraient du même avis.

Avec ce nouvel album, notre objectif est d’en être satisfait à 100%. On prend notre temps, on a hâte que ça sorte, mais nous ne sommes pas pressés. On fait ça à notre manière et sans compromis. Pour te donner une idée, on a pris le temps de faire une pré-production avant l’enregistrement en studio, chose que l’on n’avait jamais fait auparavant.

Il y a même des invités spéciaux sur l’album. Stephen Egerton (Descendents) a joué de la guitare sur un morceau et Al Nolan (The Almighty Trigger Happy) a chanté sur un autre. Ces deux gars-là sont littéralement mon guitariste et mon chanteur préféré. On est vraiment chanceux de les avoir sur l’album.

Est-ce qu’il y a une date de sortie de prévue? Une tournée à venir?

Il n’y a pas de date précise encore, mais ça sortira en 2018. Dans un monde idéal, on vise une sortie en juillet/août. Pour l’instant, il n’y a pas encore de tournées à l’horizon, mais oui, on veut refaire des shows, ça c’est certain! On sera toutefois plus sélectif et on ne dira pas nécessairement oui à toutes les offres. Notre but est vraiment de s’amuser le plus possible en étant vraiment fier du nouveau matériel et de ce que l’on en fait sur scène. Le meilleur est à venir pour Twenty2!

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