Julien Lacroix
Entrevues

Julien Lacroix – Le premier de classe

Julien Lacroix a été sans conteste le grand gagnant de la dernière soirée des Olivier. Avec trois prix, cette récolte devant ses pairs venait clore une année faste pour le jeune humoriste qui a fait tourner bien des têtes avec son personnage complètement déjanté et insolant, ses capsules web dans lesquelles il partage la vedette avec des grands noms de l’humour ainsi que sa tournée du Québec partagée avec son ami Mehdi Boussaidan.

J’ai discuté avec l’étoile montante de l’humour absurde à l’aube d’une année 2018 bien chargée.

Avec trois Olivier en poche, dont celui dans la prestigieuse catégorie «Révélation de l’année», est-ce qu’on peut dire que ces prix ne changent pas le monde, sauf que… tsé?

À vrai dire, j’avais déjà beaucoup de projets de bookés et la vente de billets allait déjà assez bien aussi, mais le plus gros, ce qui change, c’est l’œil extérieur sur ma carrière. L’œil du milieu et celui du public. En fait, c’est surtout bon pour la perception du milieu de l’humour. Ça confirme en quelque sorte que je fais partie de la gang et ça me donne une certaine crédibilité.

C’est le milieu de l’humour qui est fermé ou c’est plutôt une question de clivage entre les générations d’humoristes?

Ce n’est pas une question que le milieu est fermé, mais plutôt qu’il est important de faire ses preuves. Les trois prix au Gala les Olivier, je les ai reçus devant mes pairs et ça donne une bonne tape dans le dos.

Pour ce qui est du regard du public, ton passage à l’émission Tout le monde en parle a dû t’aider. C’est un gros plateau, des grosses cotes d’écoute et les chroniqueurs télé ont retenu tes interventions comme étant les meilleures.

C’est plus difficile à évaluer dans le cas de Tout le monde en parle, mais c’était clairement moins stressant pour moi à ce moment comme je n’étais pas le centre de l’entrevue. J’étais aussi moins impliqué parce que je n’ai pas de liens avec Juste pour Rire et qu’à ce moment-là, on commençait déjà à travailler sur le Festival du rire de Montréal. En fait, je ne savais même pas que Guy A. allait me poser une question. Malgré les circonstances, je pense que j’ai réussi à tirer mon épingle du jeu. On peut dire que j’ai amené une brin de folie dans le cadre d’une entrevue assez sérieuse.

Dans tes interventions en public justement, jusqu’à quel point tu te prépares?

Quand je me prépare des lignes, j’ai l’impression que c’est moins moi, alors j’essaie de garder ma préparation au minimum. À la base, je viens du milieu de l’improvisation, alors j’aime mieux y aller avec l’inspiration du moment.

Et jusqu’où tu pousses ton personnage en entrevue? Est-ce qu’il t’arrive de décrocher?

C’est une bonne question! En partant, je ne suis pas sûr que c’est tant pertinent pour les gens de savoir ce que je pense d’un sujet ou d’un autre. J’utilise mon personnage en entrevue, mais je dois quand même doser un peu. Ce n’est pas toujours évident pour l’animateur et ça peut être difficile à suivre aussi.

Si je repense à Martin Matte du temps de Condamner à l’excellence, je ne me souviens pas de l’avoir vu en entrevue hors de son personnage. Mais c’est tout de même arrivé par la suite…

Ah, le Martin Matte fendant, c’est tellement ce qui me fait le plus rire. Ça m’a inspiré c’est clair. Mais oui, je pense que c’est plus efficace quand tu viens puncher au bon moment et au final, c’est ça mon mandat #1.

Si on parle de ce qui s’en vient pour toi… je pense que tu ne chômeras pas dans la prochaine année?

Pour l’instant, je pars en vacances au Mexique [NDLR : l’entrevue a eu lieu le 10 janvier 2018]. J’ai fait de la radio à Énergie pendant le temps des Fêtes. Mais oui, à mon retour il y a beaucoup de choses qui s’en viennent: un projet avec ICI Tou.tv, une série sur la sexualité avec Rosalie Vaillancourt, je continue à Code G à VRAK et j’aurai encore des chroniques à la radio. Le rodage de mon show va commencer bien assez vite aussi, mais je suis content… plusieurs spectacles affichent déjà complets!

Tu parles de ton expérience à la radio. Un média où les humoristes sont assez présents. Tu aimes ça?

Je suis vraiment impressionné de voir à quel point les gens écoutent encore la radio. Je me suis fait beaucoup parler de mes interventions à Énergie et c’est très stimulant. Le diffuseur nous laisse vraiment aller et je peux exploiter ma folie même si je ne parle pas toujours au public cible de la station. C’est le fun d’avoir cette confiance quand on voit avec quelle précision les chiffres d’audience de la radio sont calculés. C’est un médium où il est important d’être pertinent.

Et le Festival du rire de Montréal, tu en parlais plus tôt. Tu t’impliques beaucoup?

Oui, je suis pas mal là-dedans en ce moment. Disons que les nuits sont courtes.

Je veux faire en sorte que l’on puisse avoir des galas de fin de soirées dédiés à la relève. Une offre diversifiée qui ratisse plus large et qui est également plus en phase avec notre époque. Et je ne suis pas le seul! Je pense que le milieu de l’humour est mobilisé, et ce, malgré les délais très serrés en vue de la première édition.

D’autres projets Julien?

Oui, je partirais un nouveau projet web, alors j’ai besoin d’un max de cash, haha!

Ah! Merci Julien, on va t’acheminer tous les dons que l’on va recevoir!

Julien Lacroix en spectacle

1er février @ Boquébière, Sherbrooke · Billets (animation de La Planque à Fun)
8 février @ Vieux Bureau de Poste · COMPLET
31 mars @ Salle Patrick-Quinn, Cleveland · Billets
13 avril @ Église Emmanuel, Cowansville · COMPLET

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