La Carabine
Entrevues

La Carabine: l’émergence hip-hop revisitée

Plus tôt en juillet, la firme américaine Nielsen nous apprenait que le hip-hop est désormais le genre musical le plus populaire en Amérique du Nord. Un constat intéressant alors que les rappeurs font de plus en plus parler d’eux, et même au Québec, bien que le genre y soit encore considéré trop souvent comme marginal. Soutenu par une scène de passionnés, dont fait d’ailleurs parti le duo La Carabine, le hip-hop poursuit toutefois continuellement son émergence.

Arrivés tout récemment dans la scène musicale québécoise, le duo basé dans le quartier montréalais Hochelaga-Maisonneuve a su rapidement s’y tailler une place de choix à coup de rimes efficace et de rythmes abrasifs. Formé en 2015 par Marc-André Filion et Dominick Polski, La Carabine s’était rapidement fait remarquer avec la parution d’un court EP, À corps perdu, qui venait poser les pierres d’assises de leur style distinctif.

C’est que les gars s’éloignent de la norme et ont éventuellement réussi à s’établir comme un véritable ovni musical dans une scène qui semble devenir de plus en plus hétérogène. Faisant bande à part autant au niveau de ses influences que de sa façon de travailler, La Carabine a su devenir en moins de deux ans un groupe à surveiller absolument. Dans l’optique de vous les faire découvrir, si ce n’était pas déjà fait, nous avons rencontré les deux membres qui le compose pour leur poser quelques questions.

Ça va bientôt faire 6 mois que vous avez lancé votre premier album complet, Chasser ses démons. Vous en faites quel constat, aujourd’hui?

Marc-André Filion: Quand tu fais un album, tu as toujours peur qu’il finisse par te tomber sur les nerfs. Personnellement, je suis content de pouvoir l’entendre encore aujourd’hui et de me dire que je suis pas mal satisfait de ce qu’on a fait. D’ailleurs, les critiques peuvent faire assez mal des fois, mais nous avons été agréablement surpris de constater jusqu’à quel point les médias ont bien accueilli Chasser Ses Démons. Je te dirais que c’était bien au-delà de nos attentes et qu’on ne s’attendait pas du tout à ça. En bout de ligne, c’est un album qu’on a fait pour le plaisir de créer, un peu pour nous, et on est juste vraiment heureux que les gens semblent apprécier le projet. Je crois que même si la critique avait été mauvaise, on aurait été contents du résultat, et c’est ça qui compte pour La Carabine!

Dominick Polski: On ne peut pas être indifférents quand on se retrouve dans le Top 35 des albums incontournables de la mi-2017 de Radio-Canada. Surtout qu’on se retrouve avec des artistes qu’on admire depuis longtemps comme Kid Koala! On est reconnaissants envers les médias, les promoteurs et le public qui s’intéressent à ce qu’on fait et qui veulent bien embarquer dans notre univers.

Alors que tout les gros noms du hip-hop au Québec semblent se tourner vers le trap et les influences américaines plus récentes, vous gardez de votre côté une identité un peu plus vintage, plus 90’s et un peu punk sur les bords. Pourquoi?

Dominick Polski: En tant qu’artistes, je crois que c’est plus simple de faire ce qui nous vient naturellement. Pour La Carabine, l’influence américaine des années 1990 est tout à fait organique. Quand je produis de la musique, j’y vais au feeling. J’essaye de ne pas trop réfléchir et je laisse les ambiances me porter avant tout. C’est plutôt les sons et leurs vibrations qui dictent et influencent notre musique. Et comme on a grandi en écoutant du rap sale de New York, en se disant qu’en grandissant, on voulait devenir comme eux, et bien c’est normal que ce soit un peu ce qui sorte naturellement de nos tripes.

Vous commencez à tourner pas mal et à recevoir des invitations dans quelques festivals aussi, comme les Francofolies de Montréal en juin dernier. Qu’est-ce que vous diriez qui vous permet de vous différencier des autres artistes rap québécois déjà plus établis et de recevoir ces invitations, même à titre de groupe encore émergent?

Marc-André Filion: Je pense que le mot se passe tranquillement pas vite sur notre énergie sur scène et la dynamique que Dom et moi partageons. Le fait que La Carabine ait un son un peu différent de ce qu’on peut entendre dernièrement doit aussi jouer en notre faveur. Le hip-hop au Québec semble prendre de plus en plus la place qui lui revient et on est juste un groupe dans le lot. Il suffit juste d’avoir du plaisir et si les gens embarquent, et bien c’est un gros plus selon moi. Nous sommes assoiffés à l’idée de faire des spectacles: on en veut toujours plus. Personnellement, c’est la scène que je préfère, et surtout quand les gens font des circles pits sur notre musique! Haha!

En terminant, La Carabine, ça ressemble à quoi en spectacle? Vous faites comment pour bien retransmettre l’énergie qu’on retrouve sur votre album à votre public?

Marc-André Filion: Pour nous, l’énergie est vraiment importante en live et je pense qu’on est pas mal à l’aise dans cette sphère-là. L’ajout de notre ami Sean Connors à la batterie en spectacle apporte vraiment une énergie brute, je pense. Ça donne du feel, de la prestance, et les gens ont plus à voir que juste 2 gars qui font des simagrées sur scène. On est également accompagnés d’un autre bon chum à nous, notre DJ Raf Gonzalez. Il connaît bien nos chansons et nos patterns, ce qui fait en sorte qu’il se permet beaucoup de petites stepettes avec ses machines pendant le show et les transitions. Sean et Raf ont eux aussi développé une chimie vraiment intéressante et celle-ci nous permet d’offrir un spectacle qui est toujours différent du précédent. Nous avons vraiment beaucoup de fun les quatre ensembles et on pratique aussi régulièrement que n’importe quel groupe rock. De cette façon, on garde nos spectacles tights et ça nous donne une bonne raison de se défouler aussi souvent que possible!

EN SPECTACLE

La Carabine sera en spectacle le 4 août prochain à Drummondville (Rockaganza) avec Loud et Caravane, puis à Québec le 10 août avec Rednext Level.

À noter que le groupe offrira aussi un spectacle gratuit, vendredi le 29 septembre, dans le cadre du Festival Agrirock à Saint-Hyacinthe.

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