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Le Clap : mettre la qualité au service du cinema

Les cinémas sont passés à travers une multitude de transformations technologiques, culturelles et sociales dans leur industrie. Dans le lot, Le cinéma indépendant aux origines québécoises Le Clap les a toutes surmontées avec brio comme un irréductible Gaulois. Après plus de 33 ans à faire rayonner une large palette diversifiée du cinéma local et international dans son unique pignon sur rue situé à Ste-Foy, Le Clap est sur le point d’ouvrir un tout nouveau deuxième complexe en plein cœur de Loretteville. Misant sur des installations à la fine pointe de la technologie, ce centre muni de huit salles allant de 50 à 200 sièges sera notamment le premier au Canada à utiliser une projection 100% laser sur des écrans de microperforation, ce qui aura pour effet de maximiser la qualité de l’image comme nulle part ailleurs. À tout cela s’ajouteront des fauteuils haut de gamme et une sonorisation Dolby Atmos. Le nec plus ultra de la projection cinématographique.

Derrière ce grand lot d’opérations se trouve M. Robin Plamondon, le directeur général du Clap en poste officiel depuis 2011. Ayant comme leitmotiv d’offrir à sa clientèle un service remarquable en phase avec les besoins changeants de celle-ci, le principal intéressé redouble d’efforts pour rehausser l’expérience en salle. Nous avons profité de l’ouverture imminente de ce nouveau complexe pour discuter avec M. Plamondon des caractéristiques de cette institution québécoise et de sa vision en tant qu’acteur indépendant dans un marché dominé par les gros joueurs.

Comment sélectionnez-vous les films qui prennent l’affiche au Clap? Quels sont les critères pour que ça se retrouve sur vos écrans?

Le premier critère, c’est la qualité. Peu importe le type de film, on est très ouverts sur la programmation. Le directeur de la programmation, Michel Aubé, qui est présent depuis la fondation du Clap, s’occupe de la programmation générale du cinéma. Il visionne annuellement des films par centaines pour faire sa sélection. De mon côté, je m’occupe de la programmation alternative, donc tout ce qui est évènementiel, ponctuel, les festivals et les mois thématiques. On se donne la peine de passer au travers tout ça pour s’assurer que nos clients soient toujours satisfaits de ce qu’on projette sur nos écrans. On présente du film très commercial, comme Mad Max ou Harry Potter, par exemples, qui restent de bonne qualité, au même titre qu’on va présenter des trucs plus pointus comme des documentaires intéressants qui peuvent remplir des salles. Il y a donc toujours une certaine qualité derrière nos sélections.

En tant que cinéma indépendant qui met en vedette des créations locales et internationales, quelles sont vos principaux défis et objectifs artistiques? 

Le principal défi, c’est d’être en mesure de faire connaître le produit. Les gens qui viennent voir les grands films commerciaux comme les superhéros, c’est la meilleure façon, sinon la seule, qu’on peut les exposer aux autres films qui existent. Les distributeurs et producteurs des plus petits joueurs n’arrivent pas toujours à bien faire connaître leurs films, mais la salle est encore le meilleur endroit pour se faire exposer à tout ça grâce à la bande-annonce, les affiches, le magazine, etc. Ça se fait au fil des années à travers la programmation des films commerciaux. De notre côté, en sept ans, on est passé de moins de 5% de jeunes de 20 ans qui venaient voir des films européens à plus de 15%. Ce n’est pas vrai que ces gens-là ne consomment que des films commerciaux, mais très souvent, ils ne savent pas qu’il existe autre chose. Les superhéros et autres films très commerciaux nous servent donc de locomotive, et c’est souvent ce qui permet de mousser l’intérêt pour les films d’auteur auprès des différents publics.

Quelles sont vos plus belles victoires et fiertés en tant que programmateur du Clap depuis votre arrivée en poste?

Il y en a plusieurs, mais je pense particulièrement au Festival de cinéma en famille de Québec qu’on a fondé en 2011. Ce festival-là est rendu avec une moyenne annuelle qui tourne autour de 10 000 personnes dans la semaine de relâche. Ça nous permet de présenter des films familiaux qui ne sont pas commerciaux. Donc oui, on va présenter le dernier Lego, mais on présente aussi 35 films étrangers durant cette semaine-là. Et pas mal toutes ces représentations sont maintenant complètes. On a su faire entrer des produits étrangers dans le marché, les faire connaître, et maintenant on est rendu en tournée. On emmène ces films dans les salles à l’extérieur des grands centres qui ont souvent de la difficulté à se les procurer. C’est une belle réussite pour nous.

Le cinéma est un univers en constante mutation et qui a vu se transformer des habitudes de consommation cinématographique des gens. Comment percevez-vous le futur des cinémas indépendants comme Le Clap?

Dans tous les milieux, quand il y a un mouvement trop brusque d’un côté, il y a éventuellement un retour du balancier. On a eu les hyper grands centres, autant au niveau du cinéma que dans le commerce au niveau du détail. Il y a eu d’immenses structures qui ont été mises en place et ça a attiré les gens pendant un certain temps. Les gens se sont beaucoup lassés de ça. Ils se sont rendus compte des limitations des grandes surfaces et ils reviennent vers le commerce de proximité. Ils réalisent que les commerces qui appartiennent à leurs milieux sont importants pour la vie économique et pour l’avenir de leurs secteurs aussi. Il y a eu beaucoup de changements majeurs dans notre domaine comme les clubs vidéo, les multiplexes de 18 salles, le piratage en ligne, les streamers comme Netflix, etc. Même si beaucoup de gens disaient que les cinémas allaient fermer, on est toujours là. Il y a des réalités auxquelles on doit faire face, comme n’importe quel type de commerce. Les indépendants, on a cette force-là. On a une structure plus légère et ça fait en sorte qu’on est capables de s’adapter pour satisfaire le client

Le Clap de Loretteville ouvrira ses portes au grand public dès le 7 décembre.

Pour vous procurer des billets pour toutes les représentations du CLAP, rendez-vous sur lepointdevente.com

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