Les Marmottes Aplaties
Entrevues

L’autodérision comme seule ambition

À peine âgés de 14 ans, Bruno Lamoureux (guitare, voix) et Martin Lussier (batterie) enregistraient leur musique sur des cassettes qu’ils identifiaient ensuite avec des noms de groupes improbables: «Un bout de temps, notre band s’appelait Constipation Buccale, ensuite ça a été Cretons Volants et finalement c’est devenu Les Marmottes Aplaties», me raconte Bruno, visiblement amusé par ces souvenirs.

Retour sur l’histoire de ce joyeux trio qui a marqué non seulement la jeunesse de plusieurs, mais surtout la scène punk francophone du Québec, alors que le groupe effectuera dans quelques jours un grand retour sur scène au Montebello Rockfest, quelques mois après la sortie d’une réédition vinyle de leur discographie complète sous l’étiquette Dare To Care.

Comment a débuté l’aventure des Marmottes Aplaties?

Vers 14 ans, j’ai commencé à jouer de la musique avec Martin et on enregistrait de petits démos pour le fun. On n’avait aucune autre ambition que de s’amuser. Et puis en même temps, j’ai découvert par hasard la station CISM et les groupes Bérurier Noir, Banlieue Rouge et Ludwig von 88, entre autres. Chez nous, on n’avait pas le câble – donc pas de Musique Plus – et j’avais pas de grand frère pour me faire découvrir de la nouvelle musique, donc c’est CISM qui a un peu joué ce rôle. Alors, on a décidé d’envoyer un démo à cette station. C’était surtout une joke qu’on pensait leur faire. On avait évidemment un mini espoir que ça passe le test, mais on n’y croyait pas vraiment. Finalement, la cassette est tombée entre les mains d’une animatrice qui nous a invités en studio pour une entrevue et une performance, en plus de nous payer des heures de studio pour enregistrer quelques tounes dans le sens du monde. En gros, je pense que les Marmottes Aplaties n’auraient jamais abouti bien loin sans CISM!

Vous avez ensuite sorti un premier album, 1001 chansons pour agrémenter vos repas (1996), album qui vous a éventuellement valu une invitation à l’émission télé de Christiane Charette, diffusée à Radio-Canada. Est-ce qu’on pourrait considérer cette apparition comme étant le coup d’envoi de votre carrière?

Hahaha, pas vraiment. C’est le producteur d’un show à Montréal où on a joué qui nous a dégoté une invitation sur l’émission. On a fait une prestation live, mais on ne s’est pas rendus à l’entrevue. Christiane semblait avoir de la difficulté à prononcer le nom du groupe ou, du moins, elle bafouillait un peu et ne voyait probablement rien de sérieux dans notre affaire. Tout au plus, ça nous aura valu quelques commentaires de nos chums qui nous ont vu passer à la télé, mais disons que ça n’a pas été la consécration, haha!

En fait, ce qui nous a vraiment donné un gros push, c’est quand on a sorti les clips Bagnole et Détruire, extraits de notre 2e album, Épisode sanglant (1999). Les clips ont énormément tourné à Musique Plus et ça a fait une grosse différence pour nous. Tout d’un coup, partout où on allait jouer, les gens connaissaient nos paroles par cœur. C’est à ce moment que le band a été connu pour ce qu’il était vraiment. Les salles de spectacle étaient pleines et on avait un plaisir fou à se promener partout au Québec.

Comme on le sait, le groupe a mis fin à ses activités en 2004, à la suite d’un litige avec sa maison de disque. Plus tôt cette année, on apprenait que l’étiquette Dare To Care mettait en marché une réédition vinyle de vos trois albums. D’où vous est venue cette idée?

L’idée est venue d’un simple coup de tête que j’ai eu. J’étais assis devant mon ordinateur et sans réfléchir, j’ai lancé un appel à tous en demandant si une maison de disque du Québec était willing de ressortir nos trois albums. On a reçu quelques réponses positives et on s’est finalement entendus avec Dare To Care pour le faire. Du même coup, on a décidé de mettre en ligne toutes les chansons démos qui n’ont jamais trouvé leur place sur nos albums.

Et qui dit sortie d’album dit souvent date de spectacle. On pourra vous voir en spectacle le 14 juin au Montebello Rockfest; à quoi doit-on s’attendre de ce retour sur scène?

Je pense que ça va être un beau gros party! En plus, on montera sur scène autour de 23 h, donc il devrait déjà y avoir une ambiance assez festive dans la place. On revisitera tout notre répertoire, du premier au dernier album, et on sera le trio que vous avez connu dans le temps, avec la même énergie clownesque. On a vraiment hâte de faire ce show-là!

Finalement, si, en 1994, quelqu’un était débarqué du futur pour t’annoncer tout le succès que connaîtraient Les Marmottes Aplaties, y aurais-tu cru?

Hahaha! Évidemment que non. Aux yeux de plusieurs, on a toujours été, surtout à cette époque, les bizarres qui faisaient du punk rock pas comme les autres. Honnêtement, on ne se prenait pas du tout au sérieux. Déjà, quand CISM avait accepté de nous recevoir et tout, on n’en revenait simplement pas! Cela dit, on est vraiment fiers d’avoir pu se tailler une place dans le paysage musical québécois avec le genre de musique et de paroles qu’on offrait. On a su tirer notre épingle du jeu et, surtout, on a eu du fun en masse!

EN SPECTACLE

🗓 14 juin
🗺 Montebello Rockfest
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🗓 19 juillet
🗺 Le Festif! de Baie-Saint-Paul (en première partie de Mononc’ Serge)
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🗓 16 novembre
🗺 L’Anti Bar & Spectacles, Québec
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