Matthieu Pepper
Entrevues

Matthieu Pepper – Cultiver l’humour à sa manière

Matthieu Pepper baigne dans le monde de l’humour depuis plusieurs années déjà. Celui qui est l’animateur officiel au Bordel Comédie Club s’est fait remarquer dès sa première apparition à l’émission En route vers mon premier gala diffusée en 2014. Force est de constater que ses projets se sont ensuite rapidement multipliés, puis concrétisés. Doté d’un excellent sens du timing comique, Matthieu présentera son spectacle 1 heure avec Pepper dans le cadre du festival Zoofest en plus de faire partie de la programmation du Grand Montréal Comédie Fest cet été. Nous en avons profité pour discuter avec lui.

Quel est ton parcours? As-tu toujours voulu être humoriste?

Hahaha, oui! C’est un rêve de petit cul en fait! Mes parents m’ont dit que je l’ai mentionné la première fois à l’âge de 8 ans et que j’ai toujours voulu faire rire les gens. J’ai catché quand même assez tôt que c’était possible d’être humoriste. À partir de 10-11 ans, je disais que j’allais faire l’École nationale de l’humour – que je n’ai pas faite finalement haha! J’avais des parents vraiment ouverts, alors j’ai toujours été encouragé à suivre mon rêve. Ma mère était en gestion et mon père était accompagnateur spirituel des personnes en fin de vie. Il y a beaucoup de personnes drôles autour de moi, mais personne dans le domaine artistique.

Tes projets se sont rapidement accumulés depuis En route vers mon premier gala. Peux-tu me dire comment ta carrière a évolué à partir de ce moment-là?

C’est un enchaînement de petits projets à gauche et à droite qui m’ont préparé à mes autres gros projets. Ton projet précédent est censé te préparer à ton suivant et pour moi, ça a toujours été ça: j’ai fait mon premier En route, ensuite mon premier Zoofest. Tu sais, mon premier En route, je ne sais même pas si j’avais 50 shows dans le corps! Je devais avoir fait une vingtaine ou une trentaine de shows en tout. C’était pas normal que je sois à la télé avec si peu d’expérience, d’ailleurs c’est pour ça que j’ai supprimé les vidéos. J’ai commencé à faire beaucoup de scène et là j’ai enchaîné le premier contrat télé et après ça est venue la radio. Toi, tu dirais que ç’a été vite, moi je trouvais ça lent. Je te dirais que nous, quand on est dedans, on trouve toujours ça un peu plus lent. On veut toujours que ça aille plus vite, mais avec du recul, je suis bien content que ce soit ce genre de flow-là.

Tu es l’animateur officiel au Bordel Comédie Club. Comment expliquerais-tu ton rôle à quelqu’un qui n’a jamais mis les pieds à cet endroit?

Ma job au Bordel est simple: je mets la table. L’humoriste qui anime ne fait pas de matériel, théoriquement. Il ne fera pas de blagues écrites. C’est ce qu’on appelle du crowd work. Le crowd work, c’est juste de parler avec les gens et de faire des blagues sur ce qui vient te chercher. C’est donc de l’improvisation. Puis l’animateur, c’est lui qui présente l’humoriste, la foule ne passera donc pas la soirée avec lui […]. Ça va faire trois ans en juillet que je suis au Bordel et pour moi, c’est un game changer si tu regardes la courbe de ma carrière. Ça a commencé à devenir sérieux lorsque j’ai commencé à animer au Bordel. C’était les débuts du Bordel à ce moment-là, c’était la première année, dans les premiers mois même, ça m’a comme donné une «étampe» de qualité. Les gens se sont dit: «Oh shit! Ok, les gars du Bordel lui font confiance, il est vraiment sur la bonne voie!» Clac! Là je commençais à avoir des appels. C’est là qu’ALT a poppé. ALT m’a approché et ça m’a donné une crédibilité. Ce n’était même pas un an après le Bordel.

Pourquoi, d’ailleurs, as-tu accepté de faire partie de l’émission ALT diffusée sur les ondes de VRAK?

Pour moi, dans la vie, l’humour a toujours beaucoup passé par la télé. Je suis un grand grand fan de ça. Je suis un geek en fait, c’est un peu intense. J’écoute tout ce qui se fait à la télé québécoise. Donc, je trouve que c’est important de comprendre ce qui se passe à la télévision. Ce qui a marqué ma jeunesse, c’est Dans une galaxie près de chez vous et Radio Enfer, alors c’est ça que je veux faire, je veux encore parler à cette crowd-là. Quand j’étais jeune, j’étais déjà anxieux et la meilleure façon de geler mon esprit, c’était d’écouter la télé et de triper sur ces personnages-là. J’écris d’ailleurs des projets télé pour ça: je veux me rendre à ce niveau-là. Je veux rentrer dans l’écran de tous ces jeunes qui sont de plus en plus difficiles à rejoindre. Je trouvais qu’ALT était un concept rafraîchissant qui nous permettait de faire ça.

ALT (Actualité Légèrement Tordue) est une revue de l’actualité présentée d’une façon très intéressante. Est-ce que tu consommes de l’actualité de manière assidue?

Je dois t’avouer que j’en consommais moins depuis quelque temps parce que je suis bien sensible comme personne et un moment donné, je trouvais ça pesant. Puis j’ai recommencé à me tenir au courant avec Facebook, mais écouter les nouvelles ou les émissions spéciales d’actualité, je le faisais de moins en moins. J’avais envie avec ce show-là que l’actualité soit différente. L’actualité, ce n’est pas juste des mauvaises nouvelles. Quand tu écoutais ALT, on ne couvrait pas juste les mauvaises nouvelles d’actualité. S’il y avait un cool projet d’un gars qui avait trouvé un moyen de peut-être enlever la pollution dans l’océan, on en parlait. L’actualité, c’est aussi plein de belles affaires qui se passent. J’avais donc envie d’utiliser ALT pour faire ça et vu que j’étais dans le léger, bien évidemment, ma tâche c’était d’être drôle.

À quoi peut-on s’attendre avec ton spectacle 1 heure avec Pepper présenté dans le cadre du festival Zoofest?

Ma vie brasse beaucoup en ce moment, il se passe plein de choses, alors j’écris là-dessus. On a appelé ça 1 heure avec Pepper parce qu’il est impossible de savoir à quoi s’atendre. À moins d’un mois de la première, il me reste encore la moitié du spectacle à écrire. Ça va être drôle! Il va y avoir de l’introspection, des trucs moins sérieux, du grand n’importe quoi, etc. Au final, je pense que c’est ça que j’ai envie de présenter.

Est-ce que ça va être très différent de ce que tu vas présenter dans le Grand Montréal Comédie Fest?

Oui, ça va être différent dans la mesure où le matériel présenté ne sera pas le même. Le spectacle que je vais présenter au Grand Montréal Comédie Fest ressemble davantage à mon one man show. Dans le cadre de la série On inverse les rôles!, Mike Ward et Patrick Groulx assureront ma première partie. Un 60 minutes bien ficelé combinant émergence et expérience!

Est-ce que ton approche est différente quand tu fais des premières parties?

J’essaie d’être moi-même le plus possible. Je vais à la rencontre d’un nouveau public et je profite de chacune des ces occasions pour montrer de quoi je suis capable. 15 minutes sur une grande scène, c’est un excellent moyen d’acquérir de l’expérience. Jusqu’à maintenant, j’ai eu la chance de faire la première partie de Simon Gouache, Patrick Groulx et Julien Lacroix.

EN SPECTACLE

6 juillet @ Studio Hydro-Québec du Monument National, Montréal · Billets
7 juillet @ Studio Hydro-Québec du Monument National, Montréal · Billets
9 juillet @ Théâtre Sainte-Catherine, Montréal · Billets
10 juillet @ Théâtre Sainte-Catherine, Montréal · Billets

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