Obey The Brave
Entrevues

Obey The Brave – Savoir garder le pied au plancher

Formé en janvier 2012, Obey the Brave est parti sur la route pour enchaîner les dates de spectacle sans relâche. Six ans et trois albums plus tard, l’abrasif quintette est toujours aussi actif, cumulant spectacles et tournées aux quatre coins du monde.

Il aura fallu quelques échanges de messages textes et deux tentatives de rendez-vous téléphoniques avant qu’Alex Erian – chanteur du groupe – et moi arrivions à nous rejoindre: «On dirait que t’as un petit scoop, là, mais excuse mon manque de disponibilité, j’étais en studio avec le groupe pour enregistrer un nouvel album». Merci pour le scoop, Alex! Maintenant, jasons un peu de votre parcours et, bien sûr, de votre passage imminent à Envol et Macadam le 8 septembre prochain.

Il y a un peu plus d’un an, vous en avez surpris quelques-uns avec la sortie de Mad Season, premier album sur lequel on pouvait entendre plusieurs chants mélodiques. Comment a été reçu ce changement d’approche?

En partant, il faut dire que c’était complètement nouveau pour moi. C’était la première fois que je chantais autant sur un album. Le groupe m’a un peu poussé vers cette direction et je ne te cacherai pas qu’au début, j’étais un peu stressé par ça. Je me suis toujours plutôt considéré comme un «gueuleur» traditionnel, alors de devoir chanter comme ça, c’était pour moi l’équivalent de me mettre à nu, sans pouvoir me cacher derrière des cris. Mais au final, je suis content qu’on m’ait poussé dans cette direction.

Je viens tout juste d’enregistrer mon 11 ou 12e full lenght et c’est le fun de sentir une évolution dans ma façon de faire. Sinon, pour ce qui est de l’avis du public, à ma grande surprise, ça a vraiment bien été reçu. C’est certain qu’on a essuyé quelques critiques de certains puristes, mais en général, la réaction était très bonne. On a élargi notre fanbase et je crois que ça fonctionne vraiment bien pour nous jusqu’à maintenant.

Contrairement au studio, sur scène, tout doit fonctionner du premier coup: est-ce un défi supplémentaire pour toi de bien rendre les passages chantés en spectacle?

Oui, je ne te cacherai pas que ça demeure un challenge pour moi. Ce n’est pas complètement acquis encore, mais je m’améliore constamment. Par exemple, en fin de semaine dernière, on a joué au DesBouleaux Fest et… Je ne devrais pas dire des choses comme ça, mais en tout cas. On n’avait pas jammé depuis environ un mois, alors je te dirais que les chants sortaient un peu moins bien qu’habituellement, mais bon, ça me pousse juste à me pratiquer plus et à repousser mes limites. Mais sinon, en temps normal, ça va bien et c’est quelque chose que j’aime de plus en plus faire.

Tu me disais venir tout juste de terminer l’enregistrement de votre prochain album, alors que le dernier est paru il y a tout juste un an. C’est plutôt rare les groupes qui entrent aussi rapidement en studio après la sortie d’un album, pourquoi faire si vite?

Pour Mad Season, on est allés en Floride pour travailler avec Tom Denney (anciennement de A Day to Remember) et on a eu des petits pépins en studio. Après, le gars a disparu avec l’album et l’argent et bref, ça n’a vraiment pas bien été. On a perdu énormément de temps et d’argent avec cette histoire et ça a presque mis fin au groupe.

Mais d’une manière un peu sadique, j’en suis reconnaissant aujourd’hui et ça n’a que prouvé à quel point on est dédiés à notre projet. Alors oui, on continue à faire des shows, à enregistrer de la musique et on veut juste garder le momentum. Aussi, on trouvait qu’il s’était écoulé un peu trop de temps entre la sortie de Salvation et de Mad Season, alors cette fois, on s’organise pour ne pas prendre autant de temps.

Est-ce qu’on aura droit à quelques nouvelles chansons lors de votre passage à Envol et Macadam?

Non, hahaha! Mais par contre, j’ai vraiment hâte de venir jouer au festival. Honnêtement, c’est un de mes festivals préférés au Canada. L’organisation est super droite, on y est super bien reçus et chaque fois que je joue au festival, il n’en sort que du positif. En plus, on sera sur un gros line-up ce soir-là. J’ai déjà fait deux tournées avec Parkway Drive et j’ai hâte de revoir ces gars-là. Et puis aussi, j’ai plein de chums à Québec que j’ai hâte de revoir. Ce sera pour moi l’équivalent d’une journée de congé dans la mesure où je vais jouer devant une gang de chums, sans source de stress. Ça va vraiment être un cool show! En plus, ce sera notre dernier spectacle dans le coin avant un bon bout de temps, donc c’est clair qu’on va tout donner.

Parlant de festivals, crois-tu que les festivals au Québec font assez de place à la musique lourde dans leur programmation?

C’est une bonne question. Je sais pas, t’sais, j’suis allé tourner plus de 25 fois en Europe et là-bas, le gros phénomène, c’est justement ça, les festivals partout. Après, au Québec, on en a beaucoup aussi, mais je pense que le mot festival est parfois utilisé à toutes les sauces. Pour certains, tu mets cinq ou six bands de suite sur un stage et ça devient un festival… Bref, mon festival préféré au Québec, c’est Envol et Macadam, on l’a fait souvent, que ce soit avec Despised Icon ou Obey the Brave, et eux en font de la place à la musique lourde, haha!

Et puisqu’on parle de musique lourde au Québec, quelle différence vois-tu entre la scène hardcore québécoise d’aujourd’hui et celle d’il y a dix ans? Il y a des groupes locaux qui en ce moment retiennent ton attention?

En fait, je parlerais de la scène punk, métal et hardcore plutôt que de parler spécifiquement de la scène hardcore. Il y a plusieurs groupes québécois qui rayonnent en ce moment dans ces différents styles et c’est vraiment le fun de voir ça. Je pense à des bands comme Mute qui connaissent un grand succès en Amérique latine entre autres, ou encore à mes chums de Boundaries, groupe punk hardcore de Québec, qui sont très actifs et dont je suis fier – ils ont d’ailleurs couché chez nous hier. Sinon, il y a évidemment Get The Shot qui connaît un succès fou en Europe en ce moment, il y a aussi Feels Like Home qui commence à être de plus en plus actif. En fait, je me rends compte que les groupes de Québec sont en train de botter le cul de plusieurs groupes montréalais. Je ne veux vraiment pas jouer le jeu des comparaisons ou créer une compétition, mais c’est le fun à observer.

J’ai un peu hésité avant de te poser cette question, mais je me lance: j’ai entendu dire que vous ameniez votre bench press en tournée, c’est vrai?

Hahaha, oui. Certains gars dans le groupe aiment s’entraîner – t’sais, on a tous nos loisirs en dehors de la musique, et puis l’entraînement en est un. John et Terrence aiment particulièrement ça, d’ailleurs la mère de John est coach de crossfit, alors c’est un mode de vie qui fait un peu partie de lui. Personnellement, je me fais vieux et à force de tourner, dormir tout croche sur des banquettes de van, parfois sur des planchers de bois franc, mon dos est moins solide qu’il l’était donc les poids, etc. fuck that. J’vais plutôt aller à la piscine et nager pour faire mon exercice.

EN CONCERT

8 septembre @ Envol et Macadam, Québec · Billets

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