Philippe Roy
Entrevue

Philippe Roy: Défricher la relève au far-west québécois

Dans le cadre de nos entrevues avec des membres de la grande famille Lepointdevente.com, notre collaboratrice Émilie Rioux s’est entretenue avec Philippe Roy (L’Ambassade Culturelle, Minotaure), un visage connu de la scène culturelle à Gatineau.

Depuis combien de temps assures-tu la direction artistique du Minotaure?

Depuis l’ouverture, en fait depuis 5-6 mois avant l’ouverture, qui était le 12 février 2016.

Qu’est-ce qui motive tes choix, quand vient le temps de choisir des artistes ou des projets à présenter dans ton établissement?

Je pense que c’est tout d’abord l’engouement envers les artistes. J’aime faire plaisir et quand je réussis à amener des artistes de renom, je sais que les gens vont être excités. Pour un amateur de musique, voir des «gros» noms dans une petite salle, c’est vraiment le best! Ensuite, mon envie de faire découvrir. Souvent, je me gâtes et je tente de faire découvrir de nouveaux artistes sur lesquels je trippe à notre monde. Appalaches, Jesse Mac Cormack, Harfang, Milk & Bone, Rosie Valland sont tous passés par Gatineau, avant même d’être (très) connus dans leur ville.

Gatineau n’a pas toujours eu une grosse scène émergente, ni beaucoup de tournées américaine qui y font des arrêts. C’est motivant de mettre en place un événement pour un artiste qui ne connaît même pas la ville dans laquelle il va jouer, et de remplir la place.

Quel est le public cible du Minotaure?

L’humain. Aimer la musique les soirs de spectacle, ça aide, mais sinon, boire de la bière et jaser de tout et de rien, c’est tout aussi bien. On (les proprios) trippe sur les bonnes bières, donc on essaie de faire entrer des produits qui sont plaisants à boire. Y’a pas d’âge nécessairement ciblé, mais je constate quand même qu’on se tient entre 20 et 50 ans.

Peux-tu me définir l’Ambassade Culturelle et le Minotaure? Quelle est la distinction à faire entre les deux?

Le Minotaure, c’est le bar de 3 gars qui aiment la musique et faire le party. C’est la 2e maison des musiciens de la région. L’Ambassade Culturelle, c’est ma business de booking de spectacles, en fait c’est une bannière pour l’entreprise Constante Émergence, que j’ai débuté en 2014. On était 3 à l’époque, mais je suis maintenant seul. C’est pratiquement du bénévolat, avec des risques monétaires très élevés. J’en reviens pas que je dorme le soir.

En tant que mélomane, quel genre de musique écoutes-tu le plus souvent?

De 15 à 26 ans, j’ai écouté beaucoup de hardcore-punk et de emo/poppunk. C’est pas mal ça qui a formé ma personne et mon mode de vie. J’ai aussi travaillé au HMV de 19 à 21 ans, et j’ai commencé à écouter de tout. J’ai découvert Florence + The Machine, The Strokes, Dumas, Marie-Pierre Arthur, Brand New, et au moins 1 000 autres artistes.

Ma musique va avec mon mood, j’écoute aussi pas mal de hip-hop, mais depuis quelques années, c’est vraiment le post-rock qui me fait capoter et que j’écoute le plus souvent. Mention particulière à Beyoncé. Queen B.

Que se passe-t-il de bon cet été avec le Minotaure? Quels sont tes prochains projets?

L’été, on travaille l’aspect bar, et on donne la chance à plus de groupes de la région de jouer sur notre stage. L’été dernier, j’ai appris à la dure, que booker de gros nom en juillet, pendant les 400 000 autres festivals et les vacances, ce n’est pas viable. Mon automne et mon hiver sont déjà bookés et ça va être capoté, je ne suis pas inquiet. D’ici là, on reçoit Men Without Hats au Minotaure le 7 juillet avec Funk-A-Tron 5000, aussi Caravane, We Are Monroe, The Hazytones et mes bons amis du groupe Eldorado le 5 août prochain. Deux shows qui n’ont pas de bon sens!

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