Pour réussir un poulet
Théâtre

Pour réussir un poulet – La recette de l’insuccès

«Ça prend du poulet de grain. Pas du poulet qui mange d’la marde. Parce qu’on est ce qu’on mange.»

Ce sont les premiers conseils du personnage de Mario Vaillancourt (Denis Bernard) qui ouvrent la pièce Pour réussir un poulet, de l’auteur et comédien Fabien Cloutier. Le spectacle très attendu a pris l’affiche au Théâtre Périscope, suscitant un engouement immédiat auprès du public de Québec.

Ici, on ne fait pas dans la dentelle. Fidèle à ses habitudes, Fabien Cloutier fait résonner sur scène une langue crue et directe où la poésie réside entre quelques tabarnack et beaucoup de vérité. C’est la langue d’une classe moyenne qui tente de faire de son mieux pour se garder la tête hors de l’eau… quitte à s’appuyer sur celle des autres pour assoir sa supériorité.

Sur un plateau vide, quelques chaises sont plantées en guise de décor. La pièce démarre à un rythme effréné, sans jamais ralentir. Les répliques s’entrecroisent dans un scénario bien tissé, où deux beaux-frères (Guillaume Cyr, Hubert Proulx), une mère (Marie Michaud) et une amoureuse (Gabrielle Côté) s’engagent sur une pente glissante.

La performance des comédiens est irréprochable et la pièce s’avère un coup de poing dans la face d’où on ressort immanquablement ébranlé. Subtile, la musique de Valaire fait glisser les scènes les unes vers les autres, sans évoquer l’enthousiasme qu’on leur connait habituellement.

Pour réussir un poulet, c’est le portrait d’une misère très près de la vraie. On y trouve aussi de très bons conseils de cuisine… entre deux deals moralement douteux.

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