Québec Redneck Bluegrass Project
Entrevues

QRBP – Une finale en famille

Depuis ses débuts en 2006, Québec Redneck Bluegrass Project s’est bâti une réputation de groupe incontournable dans l’univers de la chanson québécoise avec sa musique festive, voire délurée, et ses concerts enflammés qui frôlent à peu près toujours la grande débauche. Après la sortie de leur dernier album, Royal Réguine, en décembre 2016, le quatuor du Saguenay-Lac-Saint-Jean avait décidé de prendre une année sabbatique.

Or, cet été, Jean-Philippe Tremblay, Nicolas Laflamme, François Gaudreault et Madeleine Bouchard ont repris du service avec une nouvelle tournée estivale, Le Resurrectour 2018. Cette courte et intense tournée prendra fin le 22 septembre prochain à Chicoutimi, à l’hôtel La Saguenéenne, lors d’un spectacle grandiose avec une foule d’invités spéciaux. Pour l’occasion, j’ai discuté avec le gérant du groupe, Sébastien Collin.

Le show du 22 septembre à Chicoutimi sera le dernier du Resurrectour. À quoi peut-on s’attendre pour la grande finale?

Ce n’est pas juste la finale de la tournée, c’est aussi le party des 40 ans à JP Le Pad Tremblay, le leader du groupe! JP, Madeleine et Frank viennent tous les trois de Chicoutimi-Nord, alors y’aura des amis en masse et des fans de la première heure, qui vont sûrement tripper de voir le band à La Saguenéenne, la plus grosse salle du Saguenay, quand ils ont vu le show tellement de fois au Sous-Bois plein à craquer.

Plusieurs artistes invités vont se joindre à Québec Redneck Bluegrass Project lors du spectacle. Peux-tu donner quelques noms qui seront de la partie?

GrimSkunk, Canailles et Les Hôtesses d’Hilaire seront des nôtres! Y’aura aussi des surprises, mais c’est des surprises!

Québec Redneck Bluegrass Project

Affiche: Daphné Brissette

Vous êtes en tournée sans arrêt depuis le mois de juin (le show du 22 septembre sera le 35e depuis le 15 juin). Avec un certain recul, comment décrirais-tu l’expérience du Resurrectour 2018?

Le groupe est habitué aux grosses tournées intenses estivales: c’est toujours comme ça qu’on a fait le tour du Québec. La différence, cette année, c’est qu’il y a eu une sabbatique l’an dernier, alors le public est encore plus survolté! C’est aussi la tournée la plus populaire dans l’histoire du groupe: 21 soirs sold out dans l’été, ça fait une bonne moyenne!

Autre truc cool, c’est que comme il y a plus de festivals grand public et des performances extérieures programmées plus tôt, ça nous permet de découvrir un public qui est moins présent en salle: les enfants, les ados et les «bonhommes». Eux aussi écoutent du QRBP et en plus grand nombre qu’on ne l’imaginait.

QRBP n’a pas sorti d’album depuis Royale Réguine en 2016. Est-ce qu’un nouvel album est dans les plans? Ou après cette tournée éreintante, le repos et la relaxation seront de mise?

Ce que je peux dire, c’est que pendant la sabbatique de 2017, JP a composé pas mal de nouveau stock!

Pour le repos, c’est sûr que ça va faire du bien de décrocher de la vie de tournée après 15 weekends endiablés consécutifs, car comme dirait JP: «On ne travaille pas pour le diable. Ou peut-être que…?»

Tant sur les réseaux sociaux qu’à vos spectacles, la fanbase de QRBP est vraiment passionnée. Qu’est-ce qui explique selon toi que les fans sont toujours aussi intenses et dévoués, et ce, depuis la sortie du premier album Sweet Mama Yeah! en 2010?

Au tout début, le public se composait surtout des amis qui n’avaient pas vu les gars depuis longtemps, comme ils demeuraient en Chine. La formation originale est donc débarquée à l’été 2010 avec un nouveau band, un Irlandais, une douzaine de shows et une soif sans nom [« l’impossible ascension du mont pu’s soif »]! Après l’été 2010, Sweet Mama Yeah! a circulé sur le web pas mal sans que le band ne s’en rende compte et, à leur retour pour la 2e tournée du groupe au Québec, le public était au rendez-vous et connaissait les tounes par coeur!

À mon avis, cet album-là commence tellement bien qu’il donne envie d’être écouté. Ensuite viennent toutes les paroles que tu découvres et que t’as le goût d’apprendre et sans t’en rendre compte, tu finis par connaître l’album par coeur. Idem pour chacun des 4 albums depuis!

Si le groupe donne d’excellents spectacles, faut dire qu’ils en ont donné BEAUCOUP. Plus de 300 au Québec seulement, ça aide à se faire découvrir. Aucune région n’a été négligée et on fait le tour chaque année.

Ce qui fait que le groupe gagne en popularité année après année depuis ses débuts, c’est le bouche-à-oreille. Les fans parlent à leurs amis de leurs expériences de shows, d’anecdotes vécues avec le groupe, et leur font écouter la musique jusqu’à ce qu’eux aussi deviennent fans. Et c’est reparti! Y’a pas plus de bonne humeur qu’un fan du QRBP pendant un show du QRBP!

Tu as fondé l’évènement la Ligue Rock en 2012, un festival de musique qui regroupe de jeunes formations rock avec des groupes bien établis. L’évènement en sera déjà à sa 8e édition en mars prochain. Qu’est-ce qui t’avait motivé à lancer la Ligue Rock à l’époque?

Je venais de terminer mon retour aux études en musique à Joliette et je voulais organiser des shows, pas juste pour mon band. Ça a commencé par un échange de bands entre Montréal et Joliette et depuis, chaque année, je n’ai jamais cessé de bûcher sur le projet pour le faire évoluer. Le site web est en train de devenir une vraie encyclopédie du rock québécois et parmi les groupes participants, on peut nommer Marjo, Pagliaro, Groovy Aardvark et Aut’Chose, des groupes et artistes qui se tiennent loin des jeunes producteurs habituellement.

Fait important: si je n’avais pas fait la Ligue Rock 1, je n’aurais jamais été crinqué pour inviter QRBP à jouer à Joliette lors de leur tournée à l’été 2012. C’est donc grâce à la Ligue Rock si j’ai rencontré QRBP et je serai toujours redevable à la Ligue Rock pour ça!

Tu baignes dans le milieu du rock depuis des années. Comment décrirais-tu l’état du rock au Québec en 2018?

Le rock est tenu par les salles indépendantes et la vibe est toujours le fun dans ces places-là. Le fait que notre génération ait carburé au punk rock toute son adolescence nous donne à mon avis un bon bagage de rock et ça a certainement un impact positif sur la créativité des musiciens d’aujourd’hui. Comme dirait Vincent Peake: «Au Québec, nous sommes des rockeurs professionnels» et je le crois aussi! On a tous vu plein de shows, on sait comment se comporter dans une crowd, quoi apporter dans un festival. Le Québec a une bonne expertise dans le domaine!

Et si le public rock est plus concentré qu’à une certaine époque, il n’est pas moins de qualité. Le public est même probablement plus critique aujourd’hui et ça force les bands à se surpasser. Y’a donc d’excellents bands actuellement et j’ai l’impression qu’on est dans une vague montante, tant sur le plan de la qualité que de l’auditoire. Je ne serais même pas surpris que le rock québécois vive une vague de popularité internationale dans le futur, parce qu’on est bon.

C’est aussi un bon moment pour les bands old school. On a le goût des valeurs sûres et j’ai hâte de voir ce que ça va donner un GrimSkunk avec QRBP le 22 septembre à La Saguenéenne! Je ne viens pas du Saguenay, mais on me dit qu’y en a une gang qui a écouté ça accoté au secondaire!


 

QUÉBEC REDNECK BLUEGRASS PROJECT

22 septembre @ La Saguenéenne, Chicoutimi

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