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Retour sur Messe Basse 2019!

L’objectif central de Messe Basse est de permettre aux acteurs des scènes alternatives de rassembler leurs forces et de trouver des solutions autonomes à leurs problématiques. Les conférences ont mis en lumière des enjeux du monde culturel traités autour de la grande question de cette année : « Dans un contexte où les performances et les contenus sont difficilement rentables par la vente de billets, comment peut-on maximiser les revenus et optimiser la portée des actions marketing?»

Voici donc un résumé des discussions de Messe Basse 2019 et des pistes de solutions évoquées au courant de cet événement chargé d’échanges, de rencontres et d’idées.

Messe Basse 2019!

La vidéo recap de Messe Basse 2019 est finalement arrivée! 🎉🎉🎉On a vraiment eu beaucoup de plaisir à discuter des enjeux qui touchent les acteurs des scènes alternatives, tout ça avec une belle brochette de professionnels dans le domaine! 😉👌Le résumé des panels, vous le trouverez ici: https://bit.ly/2Ey9rBbMerci à Soufiane Benrqiq pour les images! 🎥Merci à Barrdo pour la chanson «Juste avant» tiré de leur nouvel album «L'éternel retour». 🎶

Posted by Lepointdevente.com on Monday, March 4, 2019

Lundi 18 février 2019
#1 Retour vers le futur!

La discussion émotive qu’a engendrée la table ronde à propos de la fermeture du Cercle et du Divan Orange s’est-elle transformée en action concrète? Retour sur l’année 2018 et ses réalisations.

  • Jon Weisz, SMAQ, Les Scènes de Musique Alternatives du Québec
  • Karl-Emmanuel Picard, l’Anti Bar & Spectacles et de District 7 Production
  • Joëlle Turcotte, Le Zaricot.
  • À l’animation : Jean-Simon Fabien, ICI Radio-Canada

Le premier panel de Messe Basse 2019 a donné le coup d’envoi à une semaine bien remplie. Suite aux discussions de l’an dernier concernant la fermeture du Divan Orange et du Cercle, plusieurs pistes de solution avaient été mises de l’avant.

On a donc décidé de poursuivre l’échange cette année en faisant un suivi sur ce qui a été faitet sur la reconnaissance et la rentabilité des lieux de diffusion alternatifs.

Quelles étaient donc les principales difficultés rencontrées par les salles indépendantes?

  • Difficulté au niveau de la rentabilité
  • Manque de reconnaissance
  • Absence de soutien des instances publiques
  • Statut légal qui ne correspond pas aux contraintes et réalités du marché

Quelles sont les perspectives pour 2019?

Miser sur l’expérience entourant l’événement

Mettre le spectateur au coeur de la réflexion lorsque vient le temps de planifier un spectacle, pour Joëlle Turcotte du Zaricot, ça passe entre autres par l’aménagement, l’ambiance en salle et la variété de bières proposée. Et pourquoi ne pas montrer également l’évolution, les progrès ou les préparatifs d’une salle alternative? Il s’agit pour Karl-Emmanuel Picard d’un axe de communication qui s’avère bénéfique.

Mutualisation des ressources et des données

On entend de plus en plus parler de mutualisation de ressources et de données, que ce soit le partage d’expertises ou le partage d’informations en vue de mieux connaître les publics. Il semblerait ainsi que cette solution sauverait temps et argent. De mettre les forces en commun, tout en conservant une saine concurrence, amènerait une meilleure gestion des ressources et amènerait de nouveaux publics. Bien que la gestion ponctuelle des imprévus soit faisable, il est impératif de créer des collaborations durables et basées sur l’information tirée des données recueillies.

SMAQ et la reconnaissance d’un statut

Les SMAQ (Scènes de musique alternative du Québec) ont entrepris une grande étude sur les enjeux touchant les lieux de diffusion alternatifs nous explique Jon Weisz. Leur travail continue également en vue d’une reconnaissance du statut et de la certification des scènes de musique alternatives, mais aussi au niveau du partage d’informations et de ressources ainsi que de la mobilisation des gens au pouvoir.

Les lieux de diffusion alternatifs sont essentiels à l’écosystème culturel au Québec et un impératif dans la représentation de la musique émergente. Beaucoup de travail reste à faire pour que le gouvernement reconnaisse les salles indépendantes sans que cela ne vienne nuire à leur développement et à l’atteinte de leur public.

#2 Prends ça cool!

Mieux gérer son stress au travail, connaître les facteurs de risque et de protection, favoriser les discussions entourant la santé mentale et générer une grande tempête d’idées.

  • Philippe Roy, professeur associé et chargé de cours à l’Unité d’enseignement en travail social de l’Université du Québec à Chicoutimi.
  • Catherine Dorion, députée de Taschereau
  • Frannie Holder, du groupe Random Recipe

La santé mentale est un sujet de plus en plus discuté ouvertement au Québec et on compte davantage de ressources disponibles qu’auparavant pour venir en aide aux personnes en détresse. Connaît-on toutefois les programmes en place, les premiers signes de troubles en santé mentale et les pistes de solutions pour diminuer le stress d’un travailleur dans le domaine artistique?

Les priorités

Arriver à s’organiser en temps qu’artiste ou en tant que groupe au quotidien n’est pas toujours simple. À travers les demandes de subventions, la tournée, la vie de famille, la création et la promotion, difficile d’arriver à trouver un équilibre sain à travers tout ça. Comment arriver donc à bien gérer son stress et à maximiser son temps sans se rendre malade ?

L’adage «Sex, drugs and Rock & Roll» se fait de moins en moins juste si on en croit les discussions de ce panel. Travailler beaucoup est grandement valorisé dans notre mode de vie et dans le domaine artistique c’est d’autant plus vrai. Frannie Holder soulève donc une question importante: au final, quelle est notre vision du succès? Tout dépend de la réalité dans laquelle on se trouve et ce qu’on veut investir en temps et en énergie pour atteindre les objectifs.

Mise en commun des ressources pour une diminution du stress

Bien entendu, la réalité de chaque artiste et travailleur de l’industrie est différente, les marchés sont différents, et au final, le manque d’argent, de sécurité, de validation et de temps, comme le mentionne Catherine Dorion, peuvent causer un stress important. Certaines idées sont ressorties pendant les échanges pour aider à la gestion de certaines tâches pour gagner du temps et pour diminuer les irritants. Par exemple, un graphiste qui donnerait quelques heures par semaine pour plusieurs organismes culturels. Pour certains la solution passerait potentiellement par un wellness manager qui s’occuperait du bien-être des artistes en tournée.

Se renseigner

Dans un domaine où on est constamment dans le regard de l’autre et où Instagram nous apporte notre lot quotidien en calories vides, Philippe Roy nous parle de l’importance d’avoir un confident et un soutien moral. Il mentionne aussi l’intérêt de se questionner à savoir, «quel est le plus petit pas vers l’autre que je pourrais faire pour l’aider». On parle aussi de l’utilité de bien connaître les ressources disponibles, les organismes en place et rester connecté aux bons intervenants. Il y a un manque de connaissances en ce sens et il y a beaucoup de chemin à faire et de discussions à avoir avant de bien comprendre le système et développer les bons réflexes.

Parmi les ressources disponibles, le Fonds Unison offre des services-conseils et un secours d’urgence aux artistes et professionnels de l’industrie musicale canadienne, ça vaut la peine de jeter un coup d’oeil à leurs services.

Mardi 19 février 2019
#3 As-tu signé le pacte?

Astuces simples et efficaces afin de rendre vos tournées et vos événements plus éco-responsables. Comment faire en sorte que ce soit rentable?

  • Caroline Voyer, Conseil Québécois des événements éco-responsables
  • Anne-Marie Dufour, Le Festif!
  • domlebo, signataire d’Artistes Citoyens en Tournée
  • À l’animation : Gabriel Marquis, Nature Québec

Par où commencer et de quelle façon devrait-on s’y prendre pour développer adéquatement des projets éco-responsables dans les petits et grands événements?

Et pis…as-tu signé le pacte? 😉

Demande de commandites

Les initiatives vertes dans un même événement sont fortement encouragées et ont tendance à recevoir un somme d’argent plus rapidement. De s’associer à un événement qui propose des solutions/initiatives vertes c’est de la bonne publicité, donc au final tout le monde y gagne! Pour des conseils et pour avoir une meilleure idée des ressources disponibles pour vos événements, rendez-vous sur le site du Conseil québécois des événements éco-responsables.

Des initiatives éco-responsables ? Parlez-en !

Les gestes responsables influencent : ce que le public voit et touche a un impact. Caroline Voyer nous parle de l’impact de communiquer les initiatives vertes, pas de modestie quand on peut avoir une influence sur d’autres événements. La sensibilisation et l’éducation sont primordiales dans l’application de projets verts, mais on constate tout de même une plus grande facilité qu’avant à convaincre les gens d’être éco-responsables.

Bonnes pratiques et recommandations

Une idée germe, mais vous n’avez aucune idée de comment la mettre en branle Caroline Voyer encourage également les organisateurs d’événements pour voir ce qu’ils ont fait et comment ils l’ont fait. Anne-Marie nous rappelle d’ailleurs l’importance de garder une constance au sein de l’équipe, d’avoir une personne qui dédie un peu de son temps au développement durable, faire un suivi des objectifs et d’avoir un plan de match.

Parmi les initiatives vertes en tournée, un Rider éco-responsable, c’est possible? Oui, domlebo souhaite d’ailleurs le promouvoir davantage au courant des prochains mois. Sur le rider, on propose entre autres que la tournée proscrive les bouteilles d’eau, on mentionne aussi une préférence pour les aliments locaux!

Évidemment, d’opter pour des billets électroniques au lieu des billets papier, en tant que consommateur ou en tant qu’organisateur, c’est une option fortement recommandée. Pour voir les différentes possibilités au niveau de la vente de billets, cliquez ici.

#4 Make money money, make money!

Un concert doit-il encore être rentable en billetterie en 2019? L’artiste et le promoteur méritent un salaire alors comment peuvent-ils sortir gagnants d’un concert? Quelles sont leurs ressources?

  • Sébastien Collin, Ligue Rock, Spectacles Bonzaï
  • Isaac Tremblay, Trou du Diable, Salon Wabasso
  • Emilie Tremblay, Ambiance Ambigüe
  • À l’animation : Frédéric Roy Hall, Le Hall, La Grosse Soirée, Le Club Hommage

Les réalités d’un promoteur, d’une agente d’artiste et d’un propriétaire de salle sont très différentes les unes des autres. Quels sont les enjeux qu’ils vivent au quotidien et quelles sont les formules qui fonctionnent le mieux et qui sont les plus rentables?

La valeur d’un spectacle

Évaluer la valeur d’un spectacle n’est pas toujours évident, il y a une portion d’expérience, d’instinct, mais aussi une quantité de paramètres non négligeables comme le timing, la popularité, l’exclusivité et la scène locale dans une région, etc. De plus, chaque groupe a sa réalité et des coûts de base à prendre en considération : le nombre de personnes dans le groupe, l’équipement nécessaire, la situation de vie des musiciens, etc.

Au final, d’avoir une bonne relation avec les diffuseurs et que tout le monde prenne en considération l’un et l’autre, ça va ultimement aider au niveau des revenus nous dit Émilie Tremblay. La publicité sur les médias sociaux et dans les médias traditionnels entourant les spectacles demeure très importante.

La rentabilité

Générer des revenus, mais comment ? Il y a évidemment les revenus générés par la vente de billets qui permettent souvent d’assumer d’autres dépenses et parfois de pouvoir faire rouler plusieurs projets en même temps, nous dit Sébastien Collin. Le poids de la vente de billets, de la vente de merch et de bières n’est toutefois pas le même pour tous. D’avoir un outil qui inclut les prévisions de revenus, mentionne Isaac Larose, aide à mieux s’organiser et à planifier en conséquence.

Les revenus croisés, (offrir aux clients de réserver leur stationnement, leur hébergement ou encore une réservation au restaurant en tirant des revenus supplémentaires grâce à ces ventes) peuvent apporter un gain monétaire vraiment intéressant aux organisateurs de spectacles.

Pour en savoir davantage sur les revenus croisés, cliquez ici.

Mercredi 20 février 2019
#5 À qui cé qu’cé la donnée?

La donnée est largement disponible via les outils numériques utilisés aujourd’hui : les fans-clubs, les billetteries et les médias sociaux permettent une collecte facile et précise. Comment utilise-t-on toutefois cette donnée? À qui appartient-elle? Devrions-nous la mutualiser?

  • Magalie Julien, Club Soda
  • Emilie Lavoie, Lepointdevente.com
  • Viêt Cao, Quartier des spectacles
  • À l’animation : Charlie Fernandez, Réverbère

Le mot «mutualisation» est un terme qui est revenu souvent cette année pendant Messe Basse. Le partage de ressources et de données serait une bonne façon de sauver du temps et de mieux atteindre le public cible, mais aussi un outil pour faire face aux géants du divertissement comme Netflix. Qu’est-ce que cela implique et quels en sont les avantages ?

Quelques nuances

Ce ne sont pas toutes les données qui devraient être mutualisées, elles doivent rester anonymes. Si deux salles concurrentes mettent leurs données en commun, les coordonnées et les noms des clients ne seront pas partagés entre ces salles. Les constats tirés suite à ce partage de données pourront non seulement servir à effectuer une meilleure segmentation des publics, mais aussi à mieux les rejoindre.

Code de conduite et bonnes pratiques

Même si on a accès à une multitude de données, on se doit de faire attention à la façon de l’utiliser. Les gens sont de plus en plus conscientisés aux publicités un peu trop intrusives. En tant qu’entreprise on doit s’assurer d’avoir certaines lignes directrices, ne pas envoyer 7 infolettres dans la même semaine aux mêmes personnes ou de marteler la même publicité pendant une trop longue période de temps. Évidemment, une entreprise a le devoir d’obtenir le consentement du consommateur lorsque vient le temps de faire un envoi. De plus, l’entreprise doit posséder une politique d’utilisation et de protection de données claire et accessible en tout temps.

Fidélisation

En mutualisant la donnée et en voyant les similitudes entre des théâtres ou de salles de spectacles, l’idée de créer des partenariats s’impose. Les institutions culturelles sont à la recherche de moyens de fidéliser leur clientèle, mais aussi d’aller chercher d’autres publics en s’associant à d’autres institutions culturelles et en créant un abonnement adapté aux habitudes de consommation de leur clientèle.

Création de contenu et de campagne marketing

Avec les médias sociaux et les outils d’analyse de données comme Google Analytics, c’est maintenant assez facile d’avoir un aperçu de l’auditoire d’une page Facebook ou d’un site Web. De créer ensuite du contenu sur mesure selon l’objectif désiré devient maintenant plus simple.

Encore faut-il avoir le bon contenu et savoir mesurer l’impact des campagnes, il est donc important de se doter d’une méthodologie et de tirer le maximum d’information possible et l’utiliser à bon escient. Pour des conseils, des renseignements, ou pour la planification d’une campagne marketing, cliquez ici.

Bref…

Merci à tous et à toutes d’avoir été présent(e)s en si grand nombre, on a eu droit à des discussions vraiment intéressantes et on est reparties avec une tonne d’idées pertinentes. L’année prochaine on vous reverra dans cette même formule, mais sous un nom différent!

Centrale alternative

L’OBNL « Centrale Alternative » portera dorénavant la mission du Phoque OFF et de tout le mouvement qui l’accompagne. Cette nouvelle structure diffusera les prochaines éditions du festival et lui permettra de grandir et de se développer encore plus! Restez à l’affût! Pour revoir les panels, rendez-vous dans la section vidéo de la page Facebook du Phoque OFF.

Vous avez participé à Messe Basse 2019 et vous avez des commentaires et des suggestions à nous faire pour l’an prochain? Complétez notre petit questionnaire ici.

Au plaisir de vous voir en 2020!

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