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Pierre-Bruno Rivard: narguer le négatif


Plusieurs sont d’avis qu’on doit savoir tirer du positif de chaque situation. Pierre-Bruno Rivard, qui promènera son nouveau spectacle  intitulé Ma thérapeute est morte un peu partout au Québec ce printemps, est un de ceux qui croient en ce principe. Malgré ce que pourrait laisser croire le titre de son nouveau one man show, ce n’est pas le positif qui manque dans la vie de celui qui cette semaine, mettait en ligne le 121e épisode de son podcast Le Carré de Sable.

À travers les tournages de podcasts qui s’enchaînent sans cesse depuis plus de 2 ans, il assure des premières parties pour Louis-José Houde, Laurent Paquin, peaufine l’écriture de son deuxième spectacle en vue d’une tournée printanière et participe à une multitude de soirées d’humour en plus de cumuler déjà trois Oliviers en tant qu’auteur. Discussion avec un comique lucide.

D’abord, te souviens-tu de ce qui t’as donné le goût de te lancer en humour?

C’est une question un peu difficile à répondre à vrai dire. À l’époque, en 2007, je venais de quitter le band dans lequel je jouais, Éléphantine, pour m’inscrire à l’Université Laval. Déjà, sans trop savoir pourquoi je prenais des notes sur les comportements des gens que je trouvais bizarres ou juste sur des choses ou phénomènes que je trouvais étranges. Une amie que je connaissais depuis un bon bout de temps savait que j’avais cette habitude alors elle m’a parlé de Première chance en humour, un concours amateur animé par P-A Méthot, au Bar Le Clac. Je me suis inscrit, j’ai passé les auditions et j’ai fait mon premier numéro sur scène à ce concours. Bref, je sais pas ce qui m’a vraiment poussé à me lancer mais je sais que c’est là que j’ai compris que c’est ce que je voulais faire.

Il s’est passé beaucoup de temps entre le moment où tu as compris que c’était ce que tu voulais faire et le moment où tu as commencé à en vivre?

Ça a pris quelques années. Le concours dont je te parle a eu lieu à l’automne 2007. En 2008 j’entrais à l’école de l’humour pour en ressortir diplômé en août 2010 et rendu au mois de mars ou avril suivant je lâchais ma job pour faire ça à temps plein. On s’entend, j’étais pas mal pauvre, mais je faisais ça à temps plein. À l’époque je faisais beaucoup de petites soirées d’humour où on me donnait comme 25$ par numéro. Donc si je voulais faire beaucoup de soirées du genre, je devais écrire beaucoup parce qu’il n’était pas question de présenter deux fois le même numéro à la même soirée. J’écrivais non-stop! À un point tel que j’étais devenu le gars backup par défaut quand une place se libérait. J’avais toujours du nouveau stock. En gros je faisais ma soirée à 25$ et en ressortant j’allais mettre un peu de gaz dans le char, je m’achetais un paquet de clopes avec un sandwich et tout était à refaire le lendemain, haha!

Ce printemps tu nous présentes ton nouveau spectacle intitulé Ma thérapeute est morte. Ce n’est que pour le show que tu as trouvé ce titre ou c’est arrivé pour vrai?

C’est vraiment arrivé. En fait je me permets de le dire ici parce que j’en ai déjà parlé un peu dans mon podcast Le Carré de Sable mais il faut vraiment venir voir le show pour comprendre. Haha!

Justement, comment décrire ce show à quelqu’un qui ne l’a pas vu?

D’emblée je dirais que c’est vraiment pas un show qui est lourd, haha! Je le dis parce qu’avec un titre du genre, on pourrait être porté à croire qu’on va parler de thérapie, de la mort etc. mais en fait c’est un show dans lequel je veux prouver à ma façon qu’on peut prendre n’importe quoi qui a un impact hyper négatif sur nos vies pour en faire quelque chose de positif. Cet événement a été un point tournant dans ma vie et j’en ai fait un show d’humour qui fait rire le public pendant une soirée complète. Pourtant, j’vous jure que je ne riais pas quand j’ai appris la nouvelle, haha!

L’an dernier tu as fait la  »Tournée négociable », tournée pour laquelle le public décidait du prix d’achat de son billet, en respectant le coût minimum de 5$. Je crois que c’était la première fois qu’on voyait ça au Québec, d’où t’es venue cette idée?

Hum, je sais pas si c’était la première fois au Québec, je pense que oui mais en tout cas j’ai été inspiré par Dan Gagnon, un de mes amis humoristes qui a une carrière en Belgique. Il a donné quelques spectacles dans lesquels il distribuait des enveloppes pour que les gens y laissent le montant de leur choix, selon leur appréciation du spectacle. J’ai trouvé l’idée vraiment cool mais je n’avais pas nécessairement les reins assez solides pour prendre 100% du risque. Donc j’ai mis un prix minimum de 5$ par billet comme ça, même si tout était allé de travers et que les gens n’avaient pas voulu donner une cenne de plus, j’aurais eu un minimum de 5$ par tête, ce qui m’aurait permis d’au moins payer mon essence pour me rendre sur place.

C’est indiscret de te demander si les gens ont été généreux? Ça a bien été? 

Ça a super bien été! D’ailleurs j’en entends encore parler aujourd’hui et je ne te cache pas que j’aimerais bien répéter l’expérience. Je ne sais pas encore si je le referais sous la même forme mais j’adore le concept de laisser les gens choisir ce qu’ils me donnent plutôt que de leur fixer un prix pour, entre très gros guillemets, consommer mes affaires. J’ai fait beaucoup de soldouts sur cette tournée et je crois que ça a permis à certaines personnes qui ne seraient normalement pas venues voir le show de venir quand même parce dans le fond, ce n’était que 5$ si elles décidaient de ne pas donner plus. Au final beaucoup de gens ont redonné de l’argent avant de quitter la salle, ce qui m’a fait doubler mes recettes sur chaque show ou presque. Tout ça crée un espèce de lien de confiance vraiment le fun avec le public.

Le 4 octobre 2016, tu mettais en ligne le premier épisode de ton podcast Le Carré de Sable. Deux ans et demi et 121 épisodes plus tard, comment fais-tu pour concilier écriture, spectacles, podcast et apparitions télé, dont une saison complète à l’émission Entrée pincipale ?

Bonne question, haha! En fait l’idée c’est de savoir bien s’entourer. C’est important de savoir déceler ses propres faiblesses pour ensuite trouver les gens qui ont des forces là où j’ai ces faiblesses. Après c’est pas si simple non plus, il faut rester constamment focus et sans me plaindre, je sacrifie beaucoup de choses pour arriver à faire tout ça. Mais ces projets me nourissent tellement, d’une manière difficile à expliquer, que c’est ce qui fait que je garde le cap. Il faut s’avoir s’écouter et écouter les gens qui nous entourent et qui nous poussent à aller plus loin dans tout ça.

En terminant, l’humour est une forme d’art de plus en plus populaire; quel conseil aurais-tu à donner à quelqu’un qui veut se lancer?

 C’est drôle parce que c’est une question qu’on me pose vraiment souvent et y’a comme pas de réponse magique à ça. En fait la réponse que je donne toujours c’est fais le, lance toi. Au premier rire que tu vas générer, tu vas comprendre pourquoi tu aurais dû le faire avant. Ça peut paraître intense dit comme ça mais quand même, fais le et tu vas comprendre. C’est quelque chose qui se vit, pas qui s’explique. Observe, écris et vas-y, lance-toi!

Dates de la tournée de Pierre-Bruno Rivard

4 mai 2019 – St-Côme – Ranch-O-Bois Rond
10 mai 2019 – Trois-Rivières – L’infidèle
11 mai 2019 – Drummondville – La Sainte Paix
14 mai 2019 – Gatineau – Le Troquet 
17 mai – Sherbrooke – Boquébière
5 juin 2019 – La Baie – Hotel Plaza
6 juin 2019 – Alma – Café du Clocher 
8 juin 2019 – Granby – Le Pub du Village
12 juin 2019 – Thetford Mines – Sergent Peppers Pub 
21 juin 2019 – Salaberry-de-Valleyfield – La Factrie

Tous les détails au www.pbrivard.com

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