L’Académie de Danse de la Capitale : la force du nombre

Depuis l’ouverture de ses portes en 2012, l’Académie de danse de la Capitale se démarque de façon particulière de par la polyvalence de ses activités et son implication sociale notoire.

Bâtie autour de cette volonté de proposer un milieu à la fois professionnel et chaleureux, celle-ci a monté une vaste offre de service pour tous les niveaux, pour tous les âges et dans des styles variés. Ces cinq grands studios parfaitement adaptés à la pratique de la danse desservent maintenant plus de 1500 danseurs. À tout cela se mêle la Fondation de l’Académie de danse de la Capitale, présente afin de soutenir financièrement les danseurs et les divers projets de l’organisme.

Face à la demande grandissante et aux divers enjeux du milieu, l’ADC doit assurer le bon déroulement de sa constante expansion. Nous avons pris le temps de discuter avec Joanne Francis, la propriétaire et directrice du centre, pour parler du fonctionnement de ses activités et des moyens mis en place pour bien réaliser cette vision qui lui tient à cœur.

L’ADC est ouverte depuis 2012. Depuis, vous avez un établissement florissant qui offre une belle plateforme pour la danse dans la ville de Québec. Pouvez-vous nous parler de l’état actuel des choses de votre école?

On fait 7400 pieds carrés et on offre de tous les styles, que ce soit hip-hop, lyrique, contemporain, jazz, ballet, etc. On a un volet récréatif et un volet compétitif. Nos cours commencent à 18 mois dans ce qu’on appelle L’éveil à la danse. On a un programme spécialisé pour ça. Puis, on a des cours ouverts aux enfants et des cours pour les adultes. Ça fait qu’on a des gens de 18 mois jusqu’à 55 ans qui dansent dans le récréatif. En tout, ce sont plus de 1700 danseurs sur quatre saisons!

Ce qui nous différencie vraiment, c’est le fait qu’on travaille avec des chorégraphes externes. On fait vraiment venir des professionnels qui ont des carrières internationales pour faire nos chorégraphies. Ça fait que, pour former nos professeurs, on a des diplômés de Juilliard, des gens qui ont fait des émissions ou des films, et certains qui ont gagné certains championnats du monde.

En tant qu’organisateur d’événements de danse d’envergure considérable, quels sont les défis auxquels vous devez faire face? Avez-vous toujours facilement gérer cette demande grandissante?

Quand on a commencé, c’était des billets imprimés et on pouvait satisfaire la clientèle qui faisait la file. À un moment donné, la file est devenue trop longue et c’était trop difficile à gérer, donc on s’est dirigé vers une billetterie en ligne. Ça nous facilite vraiment la vie. Surtout que ce sont des places assignées et ça permet vraiment aux parents de faire leurs achats de n’importe où. C’est plus simple pour eux, et plus rapide pour nous.

Et ce qui est peut-être un petit peu plus complexe, c’est qu’on essaie vraiment d’assurer que tout le monde danse dans le même spectacle s’il y a une fratrie. C’est tout un casse-tête au niveau de l’organisation avant l’événement.

Il était donc pratiquement impératif pour vous de faire la transition vers une billetterie électronique à ce moment-là. Qu’est-ce qui a orienté votre choix?

En fait, aussitôt que j’ai décidé d’aller vers une billetterie électronique, j’ai regardé plusieurs options. Ce qui était vraiment important, c’était de faire affaire avec une entreprise locale. Pour moi, c’était très important d’encourager local, parce que non seulement c’est le même prix qu’une grosse boîte, mais j’avais aussi lu l’histoire du point de vente avec les proprios et tout ça, pis je trouvais ça important. C’est pour ça qu’on est allé avec eux.

Dans le cas qui vous concerne, quelles sont les astuces pour une vente efficace?

Tous les parents sont prévenus à l’avance dans quel(s) spectacle(s) leurs enfants se retrouvent. C’est sûr qu’ils savent déjà d’avance ce qu’il faut qu’ils achètent, les prix et tout ça. Puis, ce qui est le fun, c’est qu’au niveau du point de vente, c’est que ça s’améliore tout le temps. Par exemple, ils ont créé un genre de salle d’attente virtuelle qui est plus facile. Donc les parents se log, pis après ils savent qu’ils sont en file.

À quelle fréquence présentez-vous de ces fameux spectacles? Ce sont des vitrines de quelle envergure?

C’est deux fois par année. Ça fonctionne avec les saisons du récréatif. En décembre, on offre un premier spectacle, et l’autre est au mois de juin. C’est toujours en scène extérieure (de nos installations). Normalement, il y a 2000 personnes qui y assistent. En plus de nos danseurs. Et dans un seul spectacle, j’ai 650 quelques enfants. Donc au total, il y a plus de 3000 personnes qui y assistent.

Les spectacles servent également à nourrir la Fondation et faire en sorte de relancer les activités de l’école? Quels sont les objectifs derrière la présentation de ceux-ci?

Dans les spectacles, la Fondation a certainement des activités. Par exemple, il y a une vente de billets de tirage de moitié-moitié, parce qu’elle est justement très active pour ce qui est d’aider les danseurs. Et puis la Fondation soutient aussi chaque année des enfants qui nous sont référés soit par la DPJ ou les services sociaux de familles qui sont moins en moyens.

A part ça, la Fondation est aussi présente pour soutenir les groupes qui vont plus loin. On a un groupe de huit élèves qui a fait les mondiaux hip-hop cette année. Ils ont été qualifiés pour représenter le Canada. Donc c’est lors de ces événements-là que la Fondation peut justement soutenir les élèves.

Après ça, on a des danseurs qui ont fait partie de la série Revolution l’année passée. Et cette année, c’est Nxt Generation Dance. C’est de l’argent qui est aussi utilisé pour ça. Ça fait que les spectacles servent également à amasser des sous justement pour soutenir ces danseurs-là qui vont plus loin que simplement faire de la compétition.

L’autre chose, c’est que pour chaque spectacle, on n’imprime plus de programmes. L’argent qu’on aurait dépensé pour imprimer tout ça, on le réinvestit dans une cause. On a soutenu la recherche sur le cancer. À chaque spectacle, on présente un chèque.

Quelles stratégies marketing sont mises en place pour assurer la pérennité de la marque?

On fait affaire avec une compagnie qui s’appelle Expose Média. C’est elle qui est vraiment en charge de notre marketing au niveau de notre site web et nos médias sociaux sur lesquels on publie régulièrement. On fait aussi de la publicité dans le journal; toujours en lien avec Revolution. Aussi, on se sert du spectacle pour faire un petit montage qui est diffusé à Salut Bonjour. Ce sont les images qui sont tournées lors de notre spectacle. On met de l’avant les différentes activités et la vie dans les studios.

Finalement, quels sont vos objectifs à courts et moyens termes pour l’ADC? Qu’est-ce qui s’en vient pour vous dans les prochains mois et années?

C’est particulier pour nous parce que la plupart de ceux qui sont en charge, comme moi, que ce soit au niveau de la direction artistique ou au niveau des opérations, ce sont des professeurs de formation. Alors c’est vraiment important pour nous de travailler avec les enfants de manière à ce que ce soit plus que de simplement leur enseigner comment danser. Le côté didactique, pédagogique, aide sociale. C’est de vraiment s’investir dans la vie des enfants pour qu’ils puissent apprendre des choses qu’ils vont pouvoir utiliser pour le reste de leur vie. Donc il y a un soutien qui se fait de ce côté-là.

Au niveau de l’externe, c’est sûr qu’on veut continuer de pousser au niveau de la présence de nos danseurs dans la ville, dans les événements et tout ça. On veut continuer de compétitionner, mais a un autre niveau. Donc pas juste des compétitions locales ou ailleurs au Canada, mais vraiment à l’international. On veut aussi développer davantage le côté vidéo pis ces choses-là qu’on va présenter sur les réseaux sociaux. On veut grandir de ce côté-là, avoir plus de visibilité dans les événements en ayant plus de contacts.  C’est ce qu’on vise.

Alexandre Demers

Pigiste, rédacteur et homme-orchestre sans orchestre.

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