Après plusieurs décennies d’existance, le Village Canadiana reprend progressivement vie. Ce lieu historique, qui a d’abord un musée en plein air et un célèbre studio de cinéma, ouvre maintenant ses portes à une nouvelle génération de visiteurs. Au programme : spectacles, musique, cirque, festivals et expériences qui permettent de découvrir autrement ce village d’époque. Cet été, c’est notamment Poule pas d’tête, une création faite en collaboration avec le Cirque Alfonse conçue spécialement pour le site, qui invite le public à déambuler au cœur du village et à prendre part à une véritable fête d’un autre temps.
Derrière cette nouvelle programmation se trouve une véritable volonté de redonner au Village Canadiana sa vocation culturelle et touristique. Pour comprendre cette renaissance, son histoire et la vision qui accompagne sa transformation, nous nous sommes entretenus avec Thibault Chamot, copropriétaire du Village.
Un village chargé d’histoire

L’histoire du Village Canadiana remonte aux années 1950. À cette époque, un passionné d’antiquités entreprend de sauver des maisons anciennes, de les acheter et de les déplacer afin de créer un véritable village d’époque. Au fil des années, la collection prend de l’ampleur jusqu’à devenir, selon l’équipe actuelle, la plus importante collection d’antiquités d’Amérique du Nord. Ouvert au public à partir des années 1980, le village connaît son apogée dans les années 1990. Environ 30 000 visiteurs s’y rendent chaque année, certains provenant même des États-Unis et de l’Europe. Mais en 1995, le site ferme ses portes au public.
Le village ne disparaît toutefois pas complètement. Ses rues et ses bâtiments deviennent un terrain de jeu pour le cinéma. Une centaine de productions viennent y tourner au fil des années. La dernière version de Les Pays d’en Haut y est notamment tournée, tout comme des productions mettant en vedette des personnalités comme Ryan Reynolds, Bruce Willis et Richard Gere. Même Bob Dylan y a fait son tour.
Derrière les décors de cinéma se cache toutefois un patrimoine exceptionnel. Le site compte des dizaines de bâtiments répartis sur plusieurs hectares. Certains objets témoignent directement de l’histoire canadienne. « On a les bureaux de John McDonald et de Wilfrid Laurier. Il y a des pièces historiques assez folles », raconte Thibault Chamot, copropriétaire du Village avec Charlotte Winterhalter. « On y retrouve même un piano ayant été déplacé de Buckingham Palace », ajoute-t-il. Après des décennies de fermeture, l’équipe actuelle souhaite donc redonner au site une vocation touristique et culturelle. Mais plutôt que de simplement transformer le village en musée, elle veut le faire vivre.
Poule pas d’tête : une fête au cœur du village

C’est précisément ce que propose Poule pas d’tête, le nouveau spectacle créé avec le Cirque Alfonse. Présenté jusqu’au 6 septembre, le spectacle a été imaginé spécifiquement pour le Village Canadiana et son environnement historique. Ici, pas question de s’asseoir pendant une heure devant une scène unique. Poule pas d’tête est un spectacle déambulatoire : le public se déplace dans le village en suivant les artistes d’un tableau à l’autre. Les bâtiments deviennent ainsi partie intégrante de la représentation. « Il faut s’attendre à une véritable fête au village », explique Thibault. Musique traditionnelle, numéros de cirque et déplacements collectifs se combinent pour créer une ambiance festive inspirée du folklore québécois.
Le concept a d’ailleurs été testé avec le spectacle Broche à foin, présenté l’année dernière avec le Cirque Alfonse. Lors d’une représentation, près de 700 personnes se sont déplacées simultanément dans le village. L’expérience a permis à l’équipe de constater qu’un spectacle déambulatoire pouvait fonctionner même avec un public nombreux. Avec Poule pas d’tête, cette formule est poussée plus loin. Les visiteurs ne sont pas seulement spectateurs : ils deviennent, pendant un peu plus d’une heure, des participants de la fête. « Ce sont de nouveaux numéros et spectacles créés pour l’occasion. C’est vraiment quelque chose à voir plutôt qu’à décrire. Il faut y assister pour le vivre totalement! », affirme l’organisateur.

Poule pas d’tête ne constitue d’ailleurs qu’une partie de l’expérience au Village. Après le spectacle, les visiteurs peuvent prendre un verre au Saloon, se promener dans les rues et découvrir les différents bâtiments. Le décor historique demeure ainsi présent tout au long de la visite. L’objectif est de créer une expérience où le spectacle et le lieu ne peuvent pas être dissociés. « Toute la scénographie, pour moi, c’est aussi important que le spectacle », souligne le copropriétaire. Les maisons, l’église, le saloon et les rues participent tous à l’univers de Poule pas d’tête.
Du spectacle d’été à une destination quatre saisons
Le succès des premières activités donne déjà un aperçu de l’avenir souhaité pour le Village Canadiana. L’été dernier, Broche à foin a attiré plusieurs centaines de personnes par représentation, tandis que le Festival de Noël a accueilli environ 8 000 visiteurs en quatre jours. L’équipe souhaite maintenant poursuivre cette transformation et faire du Village une destination ouverte quatre saisons. Une deuxième édition du Festival de Noël est d’ailleurs prévue cette année, suivie d’une expérience hivernale en 2027.

Mais derrière cette programmation se trouve d’ailleurs une mission plus profonde : préserver un patrimoine qui aurait pu disparaître. Pour l’équipe, faire découvrir le Village Canadiana permet notamment aux jeunes visiteurs de comprendre comment vivaient les générations précédentes. « Le patrimoine, ça fait partie de la culture. Ça fait partie de l’histoire qu’il faut connaître, qu’il faut vivre, qu’il faut voir » , rappelle Thibault.
La restauration du site représente d’ailleurs un travail colossal. Près de 50 bâtiments doivent être entretenus, réparés et rénovés. L’équipe, qui n’était composée que de deux personnes au départ, a pu compter sur des bénévoles, des entrepreneurs et des gens de la région attachés depuis longtemps au village.
Aujourd’hui, le Village Canadiana tente donc de trouver l’équilibre entre conservation et création. Avec Poule pas d’tête, le passé devient le décor d’un spectacle bien vivant. Les vieilles maisons ne sont plus seulement des témoins d’une autre époque : elles accueillent des musiciens, des acrobates, des familles et des visiteurs venus redécouvrir le site.
Après avoir été fermé pendant près de trois décennies, le Village Canadiana ouvre ainsi un nouveau chapitre de son histoire. Et avec Poule pas d’tête, cette renaissance commence par une invitation simple : entrer dans le village, suivre la musique et se laisser entraîner par la fête.
Pour obtenir vos billets, c’est par ici.
*Cet article a été écrit en collaboration avec le Village Canadiana.
