Si la technologie des événements virtuels a principalement servi à combler un manque durant la pandémie, son futur  permettra de diversifier les types de contenus, les canaux de communication et les opportunités de commercialisation.

Dans ce “polarisant” débat qui fait rage sur toutes les tribunes, on oublie parfois de se décoller le nez de notre réalité. Depuis le début de la pandémie, on ne voit que ce qui a changé et ce qu’on pourrait faire pour le remplacer. À preuve, le nombre incalculable d’articles qui se questionnent à savoir si le virtuel est un modèle viable. Comme dans bien d’autres cas, c’est l’utilisation “forcée” d’un outil qui nous fera découvrir son utilité et sa versatilité.

Définir un objectif

Débutez votre réflexion en vous posant cette question. Pourquoi faites-vous un événement virtuel? Car la situation l’oblige? Car vous voulez rejoindre vos fans où ils sont? Car vous êtes à la recherche de nouveaux revenus? Peut-être est-ce parce que vous cherchez une nouvelle façon d’exprimer votre art ou encore essayez-vous de rejoindre de nouveaux publics? Votre objectif définira les moyens que vous prendrez pour l’atteindre. Cela pourra également vous aider à mesurer le succès et à bien analyser les raisons de ce succès ou de cet échec. Car un événement virtuel est comme tout autre type d’événements. Une série de facteurs feront en sorte que celui-ci atteindra ou non les objectifs visés.

Dans quel format?

Il faudra établir quel genre d’événement vous aimeriez diffuser de manière virtuelle. Je crois qu’on peut les regrouper en 3 grandes catégories. Les événements vidéo, les événements en réalité augmentée et les événements dans un monde virtuel. Les trois types d’événements représentent des avantages et des défis (évitons de parler d’inconvénients). Choisissez le format qui offrira l’événement à valeur ajoutée le plus pertinent pour vous et votre clientèle. 

Contenu et valeur

Personne ne sait qui a établi la règle qu’un événement virtuel doit en tout point ressembler à un événement physique. Normal, cette règle existe seulement dans l’imaginaire des gens qui se l’imposent. Décloisonnez vos événements virtuels. Faites évoluer le format en fonction du type de contenu que vous mettez de l’avant. Présentez, par exemple, de courtes prestations de 10 minutes, inédites et réservées à vos abonnés ($$). Vous pourriez aussi tester de nouvelles créations tout en dialoguant avec votre noyau de fans. Dans le premier cas, vous aurez créé une valeur supplémentaire pour votre produit. Votre abonnement sera plus intéressant et convaincra de nouvelles personnes d’y adhérer. Dans le deuxième exemple, vous aurez créé un tout nouveau produit. Vous aurez la chance de le monnayer ou de l’utiliser à des fins marketing. D’autres éléments pourraient aussi être considérés, par exemple choisir entre livrer une performance live ou en différé. D’un côté la spontanéité crée de la valeur et de l’autre l’augmentation de la qualité du contenu a le même effet. 

Une monétisation nouvelle génération

On pourrait aussi se questionner sur le modèle de monétisation des événements virtuels. Le monde du jeu vidéo est à la microtransaction et à l’abonnement. Ils sont passés d’un modèle où nous devions acheter un jeu à gros prix et ce modèle fut chamboulé par la venue du “streaming” et du jeu en ligne. L’industrie, très florissante, a rapidement saisi l’occasion et a modifié son modèle d’affaires. Ce genre d’approche doit être envisagé par l’industrie événementielle. S’il est vrai qu’un billet d’événement virtuel ne se vendrait pas au même prix qu’un billet pour un événement en salle, plusieurs personnes seraient prêtes à payer davantage en échange d’une rétribution quelconque. Par exemple, on pourrait entarter un humoriste donnant une prestation hybride, lorsque les gens participants à la version virtuelle de l’événement atteignent un objectif de collecte de dons. On pourrait aussi tout bonnement permettre aux gens regardant la version virtuelle d’un événement de se procurer un produit dérivé à même la fenêtre de diffusion. Un conférencier pourrait vendre son dernier livre ou un groupe de métal pourrait sortir un t-shirt édition limitée pour les fans virtuels! Pourquoi ne pas offrir un forfait incluant la version virtuelle d’un spectacle auquel vous avez participé physiquement? Après tout, on est tous coupables de filmer “notre tune” avec notre cellulaire, avec des résultats un peu mitigés. Il existe également la possibilité pour un artiste de créer un canal de communication avec ses fans. Ces derniers pourraient, pour le prix d’un abonnement mensuel, avoir accès à des prestations, des sketches ou des discussions avec leur idole.

En conclusion

L’idée derrière ce billet de blogue n’est certainement pas de vous dire quoi faire et quoi ne pas faire. Il existe autant d’opportunités de profiter de ce “nouveau” médium qu’est la diffusion d’événements virtuels qu’il y a d’organisateurs d’événements et d’artisans. On peut choisir d’y mettre effort et enthousiasme ou on peut simplement décider que ce n’est pas pour nous. Si vous décidez d’aller de l’avant, j’espère que les pistes lancées ici vous permettront d’approfondir votre processus de réflexion et que vous connaîtrez du succès lors de vos événements virtuels. 

Yannick Cimon-Mattar

Des trois cofondateurs de Lepointdevente.com, Yannick est sans contredit celui au sens créatif le plus aiguisé. Après une vingtaine d'années passées à diffuser plus d'une centaine de spectacles par année via son ancienne entreprise Get a Room, il était tout naturel pour lui de fonder sa propre plateforme de billetterie.

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