Chaque été depuis 2009, le Festif! De Baie-Saint-Paul rassemble des festivalières et festivaliers provenant des quatre coins du Québec au cœur de Charlevoix. Entre les concerts présentés dans des lieux parfois insolites, les découvertes musicales et l’esprit de communauté qui règne dans la ville, l’événement est rapidement devenu un incontournable estival pour plusieurs. Cette année ne fera pas exception, puisque pour une 17e édition, la petite équipe du festival s’apprête à accueillir un public déjà enthousiaste, comme en témoigne une mise en vente record.
Directeur général et artistique du Festif!, Clément Turgeon nous parle de cette édition 2026 qui se déroulera du 23 au 26 juillet prochain.
Un achalandage grandissant
« On fini un projet et on en repart tout de suite un autre », lance Clément d’entrée de jeu, déjà dans la planification du prochain Cabaret Festif!, dont la 15e édition s’est terminée en mars dernier. À peine le temps de souffler que quelques semaines après la fin du concours dédié à la relève, c’était le moment de la mise en vente du tant attendu Festif!, et les festivalier·ère·s étaient fidèles au poste. « Ça a été notre meilleure vente! Il y a énormément de spectacles complets. Ce qui reste actuellement ce sont les spectacles avec les plus grandes capacités comme à la Place Desjardins. Mais pour ce qui est des concerts dans des lieux comme le Pit à sable Electrolight ou la Scène Chez Mag à la bétonnière, tout est complet! La mise en vente a donc été très bonne à ce niveau-là, et du côté technique aussi. Les gens étaient super contents, c’était juste du positif, tant du côté de la prévente locale pour les personnes de Baie-Saint-Paul, que pour la vente grand public. Cette année a d’ailleurs été un record de vente », souligne le directeur général et artistique.
Innovation, durabilité et surtout, un amour sincère envers la culture et la musique, c’est ce qui guide Clément et son équipe pour offrir aux festivalier·ère·s un événement unique d’année en année. La preuve, de plus en plus de gens se déplacent au festival uniquement pour y découvrir des artistes de la programmation gratuite. « Il y a quand même un nombre maximum de billets qu’on peut vendre dû à la grandeur des sites, mais ce qu’on remarque particulièrement, c’est l’augmentation de l’achalandage pour les spectacles gratuits. De plus en plus, la programmation gratuite est vraiment intéressante! Par exemple la scène Garage du Curé Lepointdevente.com & Exclaim!, c’est la scène que j’aime le plus programmer! Des personnes nous disent même qu’elles aimeraient acheter des billets, mais qu’en même temps, ce qu’elles veulent aller voir le plus, ce sont les spectacles gratuits sur les scènes qui sortent de l’ordinaire qui leur permettent de faire des découvertes. »
Consolider les efforts
Si le Festif! de Baie-Saint-Paul attire un public de plus en plus nombreux et diversifié chaque année, c’est en partie grâce à l’ambiance distinctive et l’unicité des sites qui s’y trouvent. Le bouche-à-oreille y est pour quelque chose, mais pas seulement. « On ne tient rien pour acquis, donc on fait toujours beaucoup d’effort pour que ça vende », dit Clément. « On sait le nombre de billets payants qui sont achetés, mais après, il y a le facteur météo qui penche dans la balance pour l’achalandage de la programmation gratuite. Ce pourcentage de gens est difficile à évaluer jusqu’au festival. Chaque année, je suis donc toujours surpris et vraiment content de voir que les parterres sont pleins. »
Période estivale ou non, l’équipe du festival cherche donc constamment a rejoindre le public de différentes manières. En plus de l’organisation d’autres événements et activités comme le Cabaret Festif! ou encore Le Festif! à l’École, rester connecter avec le public par le numérique reste essentiel pour la notoriété de l’événement. « Les réseaux sociaux, ça fonctionne toujours bien. Année après année, on augmente le nombre de personnes qui sont abonnées à nos pages. On fait beaucoup de contenu et on est très actifs tous les jours. Étant donné qu’on a beaucoup de projets, ça permet de garder notre audience à l’affût. »
D’ailleurs, depuis environ 8 ans, le Festif! a mis de côté tout affichage physique. « On n’a aucun affichage papier, donc il n’y a personne à Montréal par exemple qui se promène et tombe sur une affiche du Festif! On fait un peu de placement publicitaire numérique et d’infolettres, mais on se fie aussi sur la réputation de l’événement », ajoute Clément.
Rassembler par les découvertes
À travers chaque édition du Festif!, une chose demeure : l’importance de surprendre les gens avec des formules renouvelées et une programmation rassembleuse, dans laquelle se côtoient figures emblématiques, voix émergentes et propositions artistiques singulières provenant autant d’ici que de l’international. « Il y a plusieurs années, il n’y avait pratiquement pas de groupes internationaux moins connus. Maintenant, il y en a environ 25 par édition! Je n’ai même plus besoin de me demander si un groupe est trop niché ou si les gens vont l’aimer, j’ajoute ce que je trouve intéressant à la programmation et les gens embarquent. Je trouve ça complètement fou! Il y a bien sûr une attention particulière aux spectacles payants pour essayer de rejoindre un large public, mais pour ce qui est de la programmation gratuite, je me permets vraiment d’ajouter des découvertes et le public est au rendez-vous. C’est le rêve de tout festival! » mentionne le directeur artistique, avant tout guidé par sa passion de la musique.
Réussir à faire découvrir des propositions en dehors de ce qui est plus connu se retrouve d’ailleurs dans la liste de choses qui rendent le DG le plus fier. « J’aime beaucoup aller chercher des piliers de certains mouvements musicaux, mais qui sont plus en marge. Cette année, je pense entre autres à Souls of Mischief (Oakland) qui ont inspiré plein de groupes connus, ou encore à African Head Charge (Royaume-Uni/Jamaïque) qui sont des pionniers dans le mouvement reggae dub. Je me dis toujours que c’est fou que des groupes comme ça viennent à Baie-Saint-Paul! »
À travers les découvertes, il y a bien sûr des artistes bien connu·e·s du grand public afin que toutes et tous y trouvent son compte. Un aspect tout aussi important dans l’élaboration de la programmation. « C’est beaucoup un miroir de la scène musicale d’aujourd’hui », mentionne Clément. « On pense par exemple à des artistes comme Les Louanges, mais aussi aux artistes de la relève comme Malaimé Soleil ou Marie Céleste, qui gagnent de plus en plus en popularité. Je suis donc vraiment content qu’à travers toutes les propositions de la programmation, on continue de faire l’unanimité ou presque. Il y a même des gens dans la soixantaine qui me croisent à l’épicerie et qui me disent qu’ils ont découvert des artistes de la programmation plus en marge et les écoutent désormais! Je sens donc vraiment qu’on a développé l’intérêt musical des gens d’ici et leur ouverture. »
Alors que l’équipe s’apprête à vivre sa 17e édition et que les nouvelles idées ne sont jamais bien loin pour le directeur général, une chose est certaine, pour assurer la pérennité des événements comme Le Festif!, plusieurs actions auprès des instances gouvernementales seraient bénéfiques. « Le coût de la vie augmente d’année en année et le gouvernement devrait prévoir cette fluctuation chaque année, plutôt que de diminuer les subventions. Ce serait aussi souhaitable qu’il y ait une meilleure reconnaissance des festivals en région, puisque les réalités ne sont pas les mêmes que dans les grandes villes. Il faudrait que les critères de subventions soient ajustés en ce sens, en prenant également en considération le caractère innovant de certains festivals. Il y a beaucoup d’événements qui réussiraient à mieux se développer si ces éléments étaient pris en compte. »
Le Festif! De Baie-Saint-Paul tiendra sa 17e édition du 23 au 26 juillet prochain. Pour connaître tous les détails de la programmation et pour vous procurer des billets pour les spectacles individuels, c’est par ici.
*Cet article a été écrit en collaboration avec le Festif! de Baie-Saint-Paul.
