Revente de billets | Ce qu’il faut savoir

Billets épuisés en un temps record, événements très convoités et marché secondaire en pleine effervescence : la revente de billets s’est imposée comme une composante incontournable de l’expérience événementielle. Si elle permet parfois aux consommateurs et consommatrices de mettre la main sur des billets parfois introuvables, elle soulève aussi des questions importantes en matière de transparence, de prix et de protection pour le public. C’est d’ailleurs face à ces enjeux, que le Gouvernement du Québec entend renforcer l’encadrement de ces pratiques avec le projet de loi n° 10. Pour voir plus clair et mieux comprendre ce marché particulier, voici ce qu’il faut savoir.

Une chance pour accéder aux événements complets, mais pas que

Même lorsque les billets partent en quelques minutes, certaines plateformes permettent de les revendre légalement. Elles offrent ainsi une deuxième chance aux fans qui ont raté la première vente, mais tous les billets ne se valent pas. En effet, les montants de ces précieux billets peuvent grimper rapidement. Il faut savoir que sur le marché secondaire, les prix ne sont plus fixés par les organisateurs et organisatrices des événements. Selon la demande, un billet peut ainsi coûter beaucoup plus cher que son prix initial. Pour les acheteurs et acheteuses, il est donc important de vérifier le montant avant d’acheter.

Un rare passage de son groupe international préféré dans une ville près de chez soi, un événement sportif incontournable ou encore le concert de l’artiste de l’heure : l’achat d’un billet pour un événement est souvent émotif et peut parfois être guidé par l’impulsion du moment. Si la crainte de manquer l’événement dont tout le monde parle penche souvent dans la balance et que les options d’achat se multiplient, il devient dès lors primordial pour les consommateur·rice·s de vérifier la source de leurs achats.

Alors que les plateformes officielles garantissent la validité des billets et protègent les transactions de la clientèle, celle-ci doit être consciente que de se procurer des billets auprès des plateformes non officielles et des particuliers comportent des risques, tels que billets contrefaits, fausses réservations ou autres arnaques. Pour les acheteurs et acheteuses, savoir repérer si un billet provient d’une billetterie officielle ou d’un revendeur permet ainsi de faire un choix éclairé et de limiter les mauvaises surprises qui pourraient survenir par la suite.

Une réalité souvent méconnue est cependant que de nombreux·ses consommateur·rice·s achètent des billets sur des plateformes de revente en croyant effectuer leur transaction auprès de la billetterie officielle de l’événement. Cette situation s’explique notamment par la forte présence numérique de certaines plateformes de revente, qui investissent massivement dans le référencement et la publicité en ligne. Leur modèle d’affaires leur permet en effet de réaliser des marges plus importantes sur chaque billet vendu, ce qui leur donne davantage de moyens pour attirer les acheteurs et acheteuses. À l’inverse, les organisateurs·rice·s d’événements doivent composer avec des budgets souvent limités, desquels ils doivent dégager les coûts pour payer l’artiste équitablement.

L’encadrement au Québec par le projet de loi n° 10

Pour tenter d’encadrer les pratiques de revente dans la province, en février se tenait du côté de l’Assemblée nationale du Québec une audition sur le projet de loi n° 10, — Loi protégeant les consommateur·rice·s contre les pratiques abusives de revente de billets et de renouvellement d’abonnements en ligne. Visant à protéger le public, mais aussi les artistes et organisateur·rice·s, cette Loi mise entre autres sur l’obligation d’afficher clairement le prix d’origine d’un billet, l’interdiction d’ajouter des frais pour le transfert d’un billet et l’encadrement des plateformes qui participent ou contribuent à des pratiques de revente spéculative.

Pourquoi un projet de loi comme celui-ci est important

Si elle est adoptée, la Loi 10 pourrait contribuer à rééquilibrer la situation actuelle. En obligeant les plateformes de revente à s’identifier clairement comme telles et à afficher le prix initial du billet, elle permettra aux consommateur·rice·s de mieux comprendre la nature de la transaction qu’ils et elles effectuent. Cette transparence accrue pourrait ainsi réduire l’avantage concurrentiel dont bénéficient actuellement certaines plateformes de revente auprès du grand public.

Dans le contexte actuel, les prix pour des billets de spectacles peuvent grimper rapidement et la transparence de l’information transmise par les différentes plateformes de vente est essentielle pour assurer une meilleure équité pour toute l’industrie, de l’artiste à l’acheteur·euse. Pour le public, plus de transparence équivaut à moins de surprises sur les prix et une protection accrue contre la fraude. Du côté des artistes et des organisateurs·rice·s, cela permet une meilleure protection des revenus. Plus largement, des règles claires comme celles-ci permettent ainsi aux billetteries primaires et aux plateformes légitimes de fonctionner normalement, tout en limitant la spéculation abusive.

Les plateformes de revente mettent cependant en évidence une réalité du marché : lorsque la demande est forte et les billets rares, certain·e·s consommateur·rice·s sont prêt·e·s à payer davantage pour assister à un événement. Bien que cette situation soulève des questions d’accessibilité — puisqu’un revenu plus élevé ne fait pas de quelqu’un un·e meilleur·e fan — elle reflète néanmoins la dynamique de l’offre et de la demande. Le projet de loi n° 10 ne règle pas cet enjeu, mais il prévoit qu’une plateforme de revente ne pourra vendre des billets au-dessus de leur valeur nominale sans une entente écrite avec la production derrière l’événement. L’objectif est que les artistes et les organisateur·rice·s puissent bénéficier de cette valeur supplémentaire plutôt que de la laisser entièrement aux intermédiaires.

Cela dit, si certains revendeurs ne peuvent plus opérer sur les plateformes réglementées, une partie de l’activité risque de se déplacer vers des canaux moins encadrés, comme les réseaux sociaux. La revente de billets ne disparaîtra pas pour autant, c’est pourquoi toute mesure qui améliore la transparence et protège à la fois les consommateur·rice·s et les artistes constitue un pas dans la bonne direction.

Pour en savoir davantage sur l’audition du projet de loi n° 10 qui s’est tenue en février 2026 et sur les avis de Lepointdevente.com à propos de ces mesures, c’est par ici.

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